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vendredi, 14 avril 2006
Le parti de l'extrême libéralisme
Les places boursières se portent bien. Au grand malheur de l'humanité.
Norden Star, vendredi 14 avril 2006, 06h00
Par Peachy Carnehan

Avant la fête des cloches Paris termine en hausse, et au-dessus des 5.100 points. A la clôture, le CAC 40 s'arroge 0,34% à 5.102,62 points. Ailleurs on meurt. Le marché se porte bien, le marché vous emmerde.
Les chiffres de fin de semaine des profits réalisés par les groupes du CAC 40 continuent d’aligner des records. Une excellente nouvelle pour les investisseurs et les fonds de pension. Mais quid des économies nationales, du salariat et du recrutement dans l'armée de réserve des sans-emplois ? Ce serait mal connaître la logique des places boursières contemporaines que d'imaginer un effet de vase communiquant entre valorisation du capital et rémunération salariale. Dans la frénésie libérale actuelle le sacro-saint principe économique du cercle vertueux de Tocqueville ou Friedman n'est plus que chimère.
Les investissements financiers réalisés en 2005 ont atteint 636 millions d’euros, alors que les investissements industriels, c’est-à-dire les investissements susceptibles d’assurer la pérennité des activités, n’ont été que de 607 millions d’euros. Pour le première fois depuis le XIXe siècle et les débuts de la révolution industrielle le choix de l’augmentation du dividende pour les actionnaires a été préféré à celui de l'expansion réelle. Plus grave c'est maintenant la recherche en innovation qui est subordonnée au rendement boursier.

Dans les faits Total et Elf préfèrent acheter, par la grâce des bénéfices insensés réalisés en 2005, leurs propres actions et licencier plusieurs milliers d'employés plutôt que d'investir dans les énergies renouvelables. Le but ? Faire croître artificiellement le cour de l'action. Peu importe la fin annoncée des réserves pétrolières car seul compte le renouvellement de confiance accordé par le comité d'actionnaires. Dans cette logique la mort industrielle est certaine à terme mais la politique reste obstinément celle de la gestion quotidienne.
L'esprit d'entreprise reposait depuis Adam Smith sur des règles établies. Scientifiques et logiques. Elles étaient consensuelles à l'exception notable de celles prônées par Karl Marx. A la relecture de Tocqueville une impression règne, celle que l'avidité a fait perdre la raison aux hommes :
Une société démocratique crée une incitation à l'effort et au progrès, et finalement un sens de l'obligation, de l'intégrité et du travail, qui nous rendent plus productifs. La croissance économique repose donc sur des facteurs moraux et elle a elle-même des conséquences morales.
Peachy Carnehan
02:05 Publié dans Economie & Finance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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