« Revue de Web | Page d'accueil | L'essentiel de l'info »
dimanche, 07 mai 2006
Affaire Clearstream
Retour sur les grandes lignes de l'affaire Clearstream après l'implication du Prime minister.Norden Star, mai 2006
Opération de manipulation à l'encontre de personnalités politiques, l'affaire Clearstream relève maintenant de l'affaire d'Etat.
Un beau matin de printemps 2004 les juges Renaud Van Ruymbeke et Dominique de Talancé reçoivent deux troublantes lettres anonymes. Une habitude pour les magistrats tant la délation est entrée dans les moeurs judiciaires depuis la période 1940-1944. Les courriers évoquent des transferts occultes de millions de dollars impliquant de nombreuses personnalités dont, horreur, le ministre de l'Economie Nicolas Sarkozy. Des comptes bancaires ouverts chez Clearstream, une société luxembourgeoise à la réputation douteuse, accueilleraient donc l'argent occulte de Saint-Kozy et de centaines de décideurs économiques.
C'est la panique à Bercy et au MEDEF d'autant que le parquet de Paris ouvre rapidement une enquête préliminaire. Politiquement Nicolas Sarkozy, qui redécouvre l'intérêt d'être le résident de la place Beauvau, implore les agents de la DST et Dominique de Villepin d'apporter les preuves de son innocence dans les plus brefs délais. On comprend l' énervement de "l'homme qui pense en se rasant" car de son coté l'enquête prouve sans réserves que ces dénonciations sont calomnieuses.
Au mois de décembre 2004 Van Ruymbeke démontre que les affirmations du corbeau relèvent du mensonge éhonté. Mais qui est-il ce corbeau ? On écarte rapidement la piste de Christine Villemin et une information judiciaire pour dénonciation calomnieuse est ouverte. Nicolas Sarkozy qui s'est constitué partie civile n'a plus qu'à suivre l'affaire en spectateur.
Les noms de suspects défilent : J.L. Gergorin, président de EADS, le général Rondot du ministère de la Défense, Gustave Humbert, président d'Airbus. Les inqui-perquisitions en cours depuis plus d'un an jusqu'à celle effectuée dans le bureau de MAM jeudi dernier n'ont pas encore permis d'identifier le fameux corbeau mais l'étau se resserre sur Dominique de Villepin.
Hier le taulier de Matignon a reconnu avoir demandé, au mois de janvier 2004 au général Philippe Rondot, alors conseiller au cabinet de Mme Alliot-Marie, de diligenter une enquête sur les listings de Clearstream. Principal intéressé : Nicolas Sarkozy. L'enquête en question blanchissait le Ministre de l'intérieur mais l'information n'a pas été communiqué à la justice. Un comportement suspect pour le juges qui veulent maintenant perquisitionner l'hôtel Matignon. Ce ne serait plus, selon des sources du ministère de la justice, qu'une question d'heures.
Le scénario du départ forcé n'est donc plus du tout exclu par Matignon. Même si M. de Villepin, qui dénonce une manipulation à son encontre, a choisi de n'exclure aucune arme pour sa défense. Le premier ministre affirme qu'il ne s'opposera pas au travail de la justice, y compris une perquisition ou une demande d'audition.
Aujourd'hui même si l'affaire Clearstream n'a pas encore livré tous ses secrets, le constat ne fait désormais plus de doute : il s'agit d'un scandale d'Etat.
Et si c'était vraiment Christine Villemin ?
Peachy Carnehan
03:45 Publié dans France Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


Les commentaires sont fermés.