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vendredi, 21 avril 2006

Berlusconi : en toute mauvaise foi !

"Sua Emittenza" s'estime-t-il donc à ce point au-dessus des lois pour ne pas tenir compte du jugement des urnes?

Norden Star, vendredi 21 avril 2006, 20h00
Par Daniel Dravot
Au vu de l'écart minime qui séparait les coalitions de droite et de gauche au soir des élections, il était logique, voire légitime, que Mr Berlusconi demande le recompte d'un certain nombre de bulletins de vote jugés "litigieux".

Ce recompte a eu lieu et la Cour de Cassation vient de confirmer la victoire de la coalition de centre-gauche à la Chambre des Députés. La question qui se pose désormais est donc la suivante: qu'attend Mr Berlusconi pour reconnaître sa défaite et céder les rênes du pouvoir au parti légitimement élu par le peuple Italien? "Sua Emittenza" s'estime-t-il donc à ce point au-dessus des lois pour ne pas tenir compte du jugement des urnes?

Il y a, je crois, dans cette obstination à vouloir rester au pouvoir un mélange de mépris et de crainte: mépris de l'homme politique envers ces "couillons" d'électeurs qui ont osé le jeter à bas du trône érigé à coup de magouilles politico-financières, de propagande quasi fasciste, et de remaniements de la Loi en sa faveur, mais aussi peur de l'homme "d'affaires" - à tous les sens du terme - qui voyant s'envoler son statut d'intouchable risque désormais d'être rattrapé par son passé de magouilleur affairiste et de devoir rendre des comptes à la justice de son pays.

Dans tous les cas, l'attitude actuelle de Mr Berlusconi, son déni de la réalité - il a perdu ces élections, point final - son acharnement à vouloir bloquer le cours normal d'un processus démocratique en refusant d'admettre le verdict des urnes, le rendent pathétique et ridicule, non seulement aux yeux des Italiens eux-mêmes, mais aussi face au reste du monde, qui assiste médusé aux soubressauts tragi-comiques du vieux "crocodile" usé par le pouvoir (rappelons que la coalition de Mr Berlusconi a perdu toutes les élections importantes depuis 2001!) et qui en toute mauvaise foi, voudrait faire croire que sa défaite aux élections est le résultat de "magouilles"...

Berlusconi se comporte actuellement en "voyou".

Et qu'adviendra-t-il si demain, dans d'autres pays d'Europe et du Monde, les candidats malheureux aux élections adoptent une attitude semblable à celle de Mr Berlusconi en refusant d'admettre leur(s) défaite(s) face à leur(s) adversaire(s)? Oui, qu'adviendra-t-il si ce qui se passe en ce moment en Italie, où Mr Berlusconi est ni plus ni moins en train de nous dire que, puisqu'il n'a pas été élu, le résultat des élections n'a aucune valeur, si ce déni du processus démocratique donc, se reproduit ailleurs, générant des scissions d'opinion publique ingérables, ouvrant des gouffres béants au coeur même des Nations, fissurant leur unité, brouillant leur identité?

Un homme politique, quelles que soient sa nationalité ou ses opinions, a valeur d'exemple. Des millions de personnes se reconnaissant dans son discours, dans ses décisions, et plus généralement dans sa façon d'utiliser le pouvoir qui lui a été délégué démocratiquement, il doit se montrer digne de cette confiance et agir en toutes circonstances avec discernement et sagesse. Or Mr Berlusconi se comporte actuellement en "voyou", ce qui est bien la preuve que cet homme là n'a ni valeur d'aucune sorte, ni respect de ses concitoyens, ni vision à long terme de l'avenir de son pays. Il est tout simplement obsédé par le pouvoir; un pouvoir qu'il refuse aujourd'hui d'abandonner, bafouant la démocratie et le choix du peuple Italien. Aussi n'ayons pas peur de le dire: en agissant de la sorte Mr Berlusconi s'est transformé en usurpateur d'un pouvoir qu'il ne contrôle ni ne possède plus légitimement, et il incombe désormais à la Nation Italienne de le lui soustraire, par la force si nécessaire puisque cela semble être le "langage" naturel de Mr Berlusconi.

Daniel Dravot

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