Portrait : les maîtres de l'univers.
Norden Star, avril 2006
Dix ans à la culture mais jamais récompensé par le Mérite Agricole.
Jack Lang. Son nom semble à tel point associé au Ministère de la culture qu'il est parfois difficile de trouver une incarnation à ses successeurs. Avec le recul les Douste Blazy, Catherine Trautmann et autres Aillagon et Toubon nous apparaissent rétrospectivement comme de besogneux intérimaires ayant poliment attendu le retour du titulaire du poste. Par décence il n'est même pas nécessaire d'évoquer l'exercice en cours de Donnedieu de Vabres qui tourne au chemin de croix numérique.
La comparaison n'est en effet pas flatteuse pour ceux qui sont venus après Jack Lang. De 1981 à 1986 puis de 1988 à 1993 l'homme est directement associé par le président François Mitterrand aux Grands Travaux qui marquèrent la fin du XXe siècle en France : l'Arche de la Défense, l'Opéra Bastille, le Grand Louvre et la Bibliothèque Nationale portent sa griffe. En 1982 Jack Lang lance la Fête de la Musique. Cette fête populaire est l'occasion de concerts gratuits et de manifestations culturelles. Elle connut immédiatement un énorme succès en France et aujourd'hui le monde entier fête la musique le 21 juin.

On oublierait que Jack Lang fut aussi Ministre de l'éducation nationale, poste sensible par excellence. Son action y a été notable sur un point, il fut le seul en 30 ans à ne pas jeter les jeunes par millions dans la rue. Sa méthode était simple : ne rien faire, assurer l'intendance et surtout repousser avec véhémence jusqu'à l'idée même d'une réforme.
Né en 1939 à Mirecourt, dans les Vosges, Jack Lang tient son prénom à l'américanophilie de son père. Son cursus scolaire ne le prédestinait pas vraiment à des responsabilités culturelles. Pourtant docteur en droit, agrégé de Sciences Politiques il devient en 1963 le directeur du Festival international du Théâtre de Nancy. C'est là qu'il se fait remarquer par François Mitterrand peu de temps après son adhésion au PSU . De 1972 à 1974 Jack Lang prend les rennes du Théâtre National de Chaillot, c'est à cette époque qu'il rejoint le tout jeune Parti Socialiste.
Admirateur de Pierre Mendès France dont il retrouve certains traits chez Mitterrand il occupe plusieurs postes de responsabilité notamment celui de Délégué National chargé de la Culture. Après la victoire de la Gauche le 10 mai 1981 c'est tout naturellement qu'il est investi Ministre de la Culture. François Mitterrand, président bâtisseur, fait alors de Jack Lang le maître d'oeuvre de ses Grands Travaux.

Parallèlement à ses fonctions de Ministre Jack Lang sera un élu voyageur, un adepte du parachutage. Conseiller municipal et conseiller de Paris de 1983 à 1989, il prend racine dans le Loir-et-Cher où il sera député à plusieurs reprises. De 1989 à 2000 il est maire de Blois. Battu par un quasi-inconnu il rebondit ensuite dans le Pas-de-Calais pour devenir député de la 6e circonscription. Poste qu'il occupe toujours aujourd'hui.
Rare homme politique à bénéficier d'une forte opinion favorable Jack Lang est un candidat déclaré à la candidature pour les présidentielles 2007. La tâche sera rude notamment du fait d'une Ségoléne Royale portée par les sondages. Rendez-vous en novembre 2006 pour les primaires.
Peachy Carnehan
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