mercredi, 17 mai 2006

Le Robin des Andes

Evo Morales nationalise le pétrole Bolivien, ruine le moral des retraités de Floride et moralise la Politique.

Norden Star, mai 2006


 

L'État récupère la propriété, la possession et le contrôle total et absolu de ses ressources, c'est ainsi que le président Bolivien Evo Morales a annoncé le 1er Mai, date symbolique, la nationalisation des ressources énergétiques de son pays.

Pour la circonstance, le Robin des Andes a revêtu le casque des travailleurs de la compagnie nationale des énergies (YPFB). Devant les caméras du monde entier Evo Morales a affirmé son principe de souveraineté nationale : "L'État et le peuple Bolivien récupèrent la propriété, la possession et le contrôle total et absolu de leurs ressources. (...) Dans un esprit de transparence et pour éviter la tentation de la corruption ces revenus, qui serviront à l'éducation, la santé, l'aide sociale et l'emploi, seront sous le contrôle du parlement et non du gouvernement".


Jusqu'ici le pactole des ressources issue du secteur des hydrocarbures ne profitait pas à l'État Bolivien. Ainsi les 145 milliards de dollars générés chaque année par l'exploitation des richesses du sol Bolivien filaient tout droit à Wall Street au grand bénéfice des fonds de pension américains. Les piscines et les sonotones ont un coût en Floride.

Dans la logique libérale poussée à son extrême il est un principe qui exige que la richesse aille dans la poche de l'investisseur presque sans contrepartie. Par contrainte et absolue nécessité seul le minimum vital destiné à garantir la survie de la force de travail est toléré : un employé mort est toujours moins productif qu'un employé qui a faim. Marx n'a rien inventé au XIXe siècle, les méthodes sont toujours employées au XXIe. Ce qui est valable pour un salarié l'est aussi pour un état, surtout s'il est pauvre.

Samedi, à La Havane, Morales signait un "traité commercial des peuples" avec son homologue vénézuélien, Hugo Chavez, et le dirigeant cubain, Fidel Castro, conçu comme une alternative aux traités de libre-échange avec les États-Unis. Un moyen de se prémunir contre d'éventuelles sanctions US mais surtout un signe fort indiquant que le feu est allumé et que l'incendie peut gagner la maison de paille ou de bois du petit cochon libéral.

Comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu de profits le décret du Président Bolivien pourrait sonner comme la fin de la récréation sur les places boursières et dans les salons des comités d'actionnaires. La répartition équitable des richesses issues du commerce, de l'agriculture et de l'industrie est maintenant incarnée et mise en pratique par la loi d'un État souverain. Le précédent est avéré.

Sur la forme il aura certes fallut l'intervention médiatique de l'armée Bolivienne pour intimider les cerbères de Total-Fina-Elf. Mais, convenons-en, lorsqu'une nation toute entière décide de mettre un terme à l'absurdité d'une logique génératrice de misères et de guerres nous ne pouvons qu'exprimer notre respect pour ce courage collectif, politique et citoyen, insensé mais nécessaire.

 

 

Peachy Carnehan

Commentaires

Viva Morales !!!

Écrit par : Pizjuan | mercredi, 03 mai 2006

L'Amérique du sud, après tant d'années passées à être manipuler par les U.S. via la CIA prend son destin en main. Nous ne sommes plus l'époque des Pinochet et autres généraux dictateurs. Le vent tourne. Et c'est une bonne chose.

Il va falloir que Morales tienne bon maintenant, parce qu'il va prendre des coups, tout comme son compère du Venezuela.

Écrit par : Libesch | mercredi, 03 mai 2006

Etant retenue prisonniére en Colombie depuis des années par la guérilla des Farcs je tenais à faire part de mon admiration pour Evo Morales. J'ajoute que c'est un homme comme lui qu'il faudrait à la tête de la Colombie pour me sortir de là.

Écrit par : Ingrid Bétancourt | mercredi, 03 mai 2006

Ce n'est pas très fin et c'est même limite douteux mais ce commentaire aura au moins l'avantage de nous rappeler le sort de Ingrid Bétancourt.

Pour plus de sérieux voici l'adresse du site officiel de l'ancienne candidate écologiste à la Présidence Colombienne :

www.ingridbetancourt.com


Peachy Carnehan, Rédacteur au Nordenstar.

Écrit par : Peachy Carnehan | mercredi, 03 mai 2006

Viva les romanticos revolutiàonnados francais. Super Morales va tout redistribuer, sauf peut etre aux immigrés de son pays ou encore aux anti-coca... Mais bon on applaudi toujours le populisme quand c'est pas chez nous!

Écrit par : xamence | mardi, 09 mai 2006

Aprendimos a quererte
desde la historica altura
donde el sol de tu bravura
le puso cerco a la muerte.

Aqui se queda la clara,
la entrañable transparencia
de tu querida presencia,
comandante Che Guevara.

Tu mano gloriosa y fuerte
sobre la historia dispara,
cuando todo Santa Clara
se despierta para verte.

Écrit par : Che Guevara | mercredi, 10 mai 2006

tu nous parles pas des deux attentats à l paz dont Morales accusent les americains d'en être les responsables

la cause: le refus d'un traité de Libre Echange que les Usa veulent leur imposer....

t'es un cowboy ? t'aimes pas les indiens???,

Écrit par : Tchou Guevarou | jeudi, 11 mai 2006

J'adore les indiens, sauf quand ils acceptent de vendre de la drogue aux etasuniens et qu'apres ils viennent nous expliquer que ceux-la même les oppresent... Quand on commerce avec le diable peut-on encore prétendre au statue de saint !

Écrit par : xamence | jeudi, 11 mai 2006

Un petit rappel de la réalité sociale et historique de la Bolivie pour xamence.
La culture du coca dans les pays andins est antérieure à l'arrivée des conquérants du vieux monde.
500 ans avant Colomb ce type d'agriculture existait déjà. Les indiens le machaient, comme aujourd'hui, et en faisait des tisanes. L'effet était comparable à celui de la caféine.
Le problème n'est donc pas de comprendre pourquoi les amérindiens de Bolivie produisent la feuille de coca mais plutôt de savoir ce qu'en font les américains. Notamment les traders de Wall Street.

Écrit par : Hubdesup | jeudi, 11 mai 2006

Je suis tout à fait d'accord avec toi sur l'existence historique de la coca par les peuples d'Amériques du sud. La seule chose qui me dérange et me surprend reste cette espèce d'angélisme qui accompagne les décisions de ce Mr Morales. Surpris parce que dans certains pays, toute démarche envers le peuple de ces dirigeants est taxé de populisme, par contre dans un cadre exotique, et au passage pour une décision soit disant anti américaine, personne ne montera au créneaux pour le taxer de populiste! Secondo cette décision déstabilise bien plus l'Amérique du Sud que celle du Nord. La vague Chavezienne perturbant les grands acteurs de la région le Brésil et l'Argentine.
Pour conclure je souhaite a Mr Morales que ce soit un succés, et qu'il pourra continuer à entretenir des relations internationales avec certains gouvernement qu'il a indéniablement mis dans l'embarras!

Écrit par : xamence | vendredi, 12 mai 2006

Le second point est pertinent. En effet ce sont les compagnies pétrolières Brésiliennes qui sont les plus présentes en Bolivie. Elles n'ont pas la rentabilité de l'hydre Total-Fina-ELF mais assurent une grande partie de l'approvisionnement d'Am-Sud. D'ou l'inquiétude de Lula.

Pour ce qui est de tes interrogations sur le populisme, et son traitement distinct selon les continents, il suffit pour y répondre de se référer à la sémantique.
Le populisme est une attitude politique et un style rhétorique qui affirme que la démocratie fonctionne mal, qu'elle ne tient pas ses promesses de servir "le peuple".
Un individu populiste brossera l'électeur dans le sens du poil avec l'unique ambition d'accèder au pouvoir. Cette définition s'applique en effet à Morales mais aussi à de nombreux politiciens en Europe et en France.

Une fois élu le "populiste" est alors confronté à la réalité de l'appareil d'état et se voit souvent contraint de renoncer à ses promesses. Par contre s'il parvient à imposer ses choix, et les exemples existent, il obtient alors le statut de "populaire".

Populaire et non plus populiste, c'est en celà, à mon humble avis, que Evo Merolas retient la sympathie de nombreuses personnes.


P.S.: Cicéron dans "Les Catilinaires" dénoncait déjà ce type de pratique. Quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostra.

Écrit par : Hubdesup | vendredi, 12 mai 2006

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