samedi, 20 mai 2006

Enterrement du génocide arménien

L'UMP refait des siennes en se défilant.

Norden Star, vendredi 19 mai 2006
En multipliant les manœuvres procédurières, les députés UMP ont empêché le vote sur le texte pénalisant la négation des massacres de 1915.


Devant l'Assemblée les gendarmes dispersent dans le calme les militants arméniens venus soutenir le projet de loi déposé par le PS. Le réalisateur Robert Guedigian est en larmes, Jean-Louis Debré vient de lever la séance et la loi réprimant la négation du génocide arménien est repoussée aux calendes grecques.

Mission parfaitement accomplie pour les députés UMP et le gouvernement Villepin qui ont tout fait pour ralentir les débats en multipliant les interventions à rallonge lors des débats.
La proposition de loi inspirée de la loi Gayssot sur la Shoah, prévoyait un an de prison et 45.000 euros d'amende pour ceux qui nieraient le génocide arménien de 1915-1917 reconnu en 2001 par la loi française.

On peut se demander ce qui motive l'UMP dans cette histoire. On s'interrogeait déjà lors de la présentation de leur projet de loi sur "le rôle positif de la colonisation". On s'est inquiété aussi des manoeuvres de certains de leurs députés qui exigeaient que la Loi Taubira soit amendée afin que l'esclavage ne soit plus considérée comme un crime contre l'humanité.

Est-ce idéologique ? Si c'est le cas il faut imaginer le pire sur les intentions futures de la droite décomplexée. Est-ce bassement politique ? Le projet de loi étant défendu par l'opposition, il semble qu'il faille bêtement prétendre que le soleil est vert juste parce que le PS affirme qu'il est jaune. A moins que l'indépendance des élus UMP ne s'arrêtent là ou débute l'influence et la colère du premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, dont le gouvernement psychorigide nie toujours le génocide d'un million de personnes.

Dans tous les cas les députés de Nicolas Sarkozy, entraînés dans une entreprise douteuse par leurs éléments les plus extrémistes, ont une nouvelle fois fait preuve d'une déroutante nullité. Le pourtant pas très fin Eric Raoult, qui avait déposé deux propositions de loi identiques pour son groupe UMP, en avait gros sur la patate. Comme Daladier revenant de Munich il aurait même murmuré: "les cons".

 

Gaïa Felis

 

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