jeudi, 25 mai 2006
Le festival de Cannes 2006
Notre correspondant au festival de Cannes
Hubdesup à Cannes, pour le Nordenstar.
Le "Volver" de Pedro Almodovar est une histoire de femmes applaudie par un public de femmes. Sans remettre en cause le prétendu talent du réalisateur espagnol j'avoue mon ennui. Pour obtenir la palme d'or les ficelles techniques tirées sont aussi grosses que celles des cordages d'un trois-mâts à plein vent. Lenteurs et langueurs sur la tragédie des destins communs, sublimation de la platitude du quotidien, banalité populaire élevée au rang d'art, tout y passe. Et si pour une fois chez Almodovar les prostituées ou autres travestis n'ont pas le premier rôle ce sont les gros plans sur la poitrine de Penelope Cruz qui font offices de caution immorale. Dans la lignée du récent navet césarisé "de battre mon coeur s'est arrêté de mourir " le "Volver" est destiné aux gémonies du jury et à la sentence du flop commercial.
Pour me remettre de cette épreuve je passe le début d'après-midi à la terrasse d'un café en compagnie de journalistes asiatiques. Ils doivent couvrir à la projection du "Caïman" de Nani Moretti mais me font comprendre qu'ils préféreraient se rendre au Marabunta du Palais des festivals pour rejoindre un "before the night". Après quelques anisettes ils finissent par me demander, pour les libérer, de leur faire le résumer du film que je n'ai même pas vu. Dépositaire d'une certaine forme de morale à travers mon mandat au Nordenstar je décide de les punir de leur manque de professionnalisme en inventant une histoire abracadabrantesque. Demain, à Tokyo et Séoul, les lecteurs de la presse quotidienne seront ravis d'apprendre que Silvio Berlusconi est l'innocente victime d'un complot ourdi par le général Rondot et la CIA. J'avais moi aussi bu plusieurs anisettes et je présente d'avance mes excuses à ceux qui seront roulés dans la farine en Asie.
C'est certainement pour m'amender que j'opte ensuite pour une séance qui présente "Palais d'été" du Chinois Lou Ye. Il n'y a pas un chien à manger dans la salle. Aux premiers rangs un grand noir en casquette se lève et s'adresse aux murs d'une voix caverneuse pour demander un coca. Deux hôtesses tombent du ciel pour le satisfaire. C'est Samuel L. Jackson mais il est bien entouré, impossible pour moi d'approcher pour arracher l'exclusivité d'une interview au Nordenstar. Je me contente du film et du souvenir de la fugace rencontre étoilée. Face à une histoire d'amour banale sur fond de Deng Xiaping et de Tian An Men je reste perplexe. Objectivement l'oeuvre est inaccomplie mais les risques réels encourus par Lou Ye pourraient interpeller le président du jury Wong Kar-wai, le réalisateur chinois de Hong Kong.
Hubdesup
Commentaires
Hubdesup il ne rentrera jamais vivant de Cannes. Hé hub, tu as vu le film de la fille Copola ?
Écrit par : la peste | mercredi, 24 mai 2006
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