lundi, 29 mai 2006

Le festival de Cannes 2006

Notre correspondant au festival de Cannes

Norden Star, mai 2006
Notre envoyé spécial sur la croisette en est venu aux mains avec ses confrères lors de la diffusion du "Marie Antoinette" de Sofia Coppola.


Hubdesup à Cannes, pour le Nordenstar.



Le "Marie Antoinette" de Sofia Coppola n'est pas une reconstitution de l'histoire mais l'interprétation d'une histoire. N'en déplaise aux spécialistes de la critique cinéma le film mérite la palme d'Or et eux les coups que je leur ai assené parfois brutalement.

A Cannes un film diffusé tôt le matin est souvent synonyme de mauvaises humeurs chez les observateurs forcés. Parmi eux sont présents les inévitables incontournables du bon goût cinématographique Parisien, les faiseurs de Césars, les égarés du Box Office.

Comme tout le monde ici je n'ai dormi que deux heures après la fête Canal+ du Martinez mais mes intentions ne sont pas bellicistes, j'ai trop bu cette nuit pour ça. Les têtes présentes sont enfarinées, les yeux injectés de sang et l'haleine collective encore imbibée. D'avance je plains Sofia Coppola en surprenant le Figaro et les Inrockuptibles se gausser sur le destin de "la fille à papa". La projection débute dans un bâillement général et certains en profite pour terminer leur nuit. La presse internationale dort déjà.

A l'écran Marie-Antoinette et ses 16 ans s'avère rock'n'roll et il ne manque que Mick Jagger parmi les courtisans, tant il règne une atmosphère de superstars, de châteaux, de fêtes costumées, de substances prohibées, de jeunes gens gâtés s'amusant jusqu'à l'aube, se réveillant au milieu des reliefs qu'emporte le petit personnel, sans faire de bruit. Une sensation décadente où la recherche du plaisir est une aventure qui mène toujours plus loin. J'ai l'impression de prolonger ma nuit au Martinez. Une perversion de l'Histoire ? Non, Sofia Coppola la projette spectaculairement dans notre présent. Elle nous balance à la figure nos travers quotidiens, celle de la société de consommation, de ses excès.

A Cannes nous n'avons que des vieux gâtés qui s'amusent jusqu'à l'aube et qui s'attendaient tranquillement à suivre la rediffusion des Rois Maudits de l'ORTF. Quel choc auditif pour eux dans un film qualifié à l'avance "d'époque et de costumes" lorsque leur sommeil fut troublé par New Order et The Cure. "Impensable" pour le Figaro, "honteux" pour l'Express et "le Point", "C'est quoi !" hurle Libération en se réveillant dans un sursaut.

Lorsque la lumière revient mes applaudissements sont étouffés par les grognements des noctambules en colère. Je rêve, ils ont dormi et font le scandale ! Au début personne dans la salle ne les accompagne mais la bronca se déclenche à l'instant ou je me jette sur certains d'entre eux pour une distribution générale de baffes. Ce matin je lis dans la presse que "la projection matinale du très attendu nouveau film de Sofia Coppola fut marquée par un dur accueil sous la forme de sifflets et de huées".

Je présente mes excuses à Sofia Coppola.


Hubdesup

Commentaires

Et ton palmares pour la palme Hub ?

Ecrit par : tictac | vendredi, 26 mai 2006

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