lundi, 12 juin 2006
Coupe du Monde 2006
Notre correspondant en Allemagne
Norden Star, 10 juin 2006
Hubdesup à Munich pour le Nordenstar
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Cinq heures de routes entre la région du baron de Munchausen ou loge l'équipe de France et Munich, ville de l'inspecteur Derrick, pour suivre le match d'ouverture du Weltmeisterschaft. C'est beaucoup trop pour si peu de kilomètres dans un pays membre de l'Union Européenne, même au volant d'une Clio vert pomme. A la décharge de nos amis teutons je reconnais m'être quelque peu égaré dans la Neue-Baum Tavern de Weihleim en compagnie d'un groupe de supporter australiens en villégiature bavaroise jusqu'au match de leur équipe face au Brésil. Un certain Mc Clooney, rouge écarlate et ivre mort à 11h du matin, prétend connaître le Nordenstar mais en l'interrogeant dans mon anglais parfait je comprend rapidement qu'il confond le club suédois de Norkoping avec notre remarquable feuille de chou numérique. Je lui offre une ein mass bier en dédommagement avant de reprendre la route dans ma splendide Nordenmobile.
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A 15 heures je suis au pied de l'Olympiastadion pour constater à mon grand étonnement que les supporters allemands sympathisent avec les Costariciens. Aucun coup, aucune insulte raciste, j'en reste pantois et laisse presque échapper ma bière. Nicolas Sarkozy a raison, tout se perd de nos jours, même les vieux réflexes agressifs de nos amis teutons. Arald Schumacher réveille-toi, ils sont devenus bons. J'avais vu le pire de leur part en 1986 à Mexico avant le huitième de finale face au Maroc. A la décharge des cervelles vides d'extrême droite et des hooligans, qui sont souvent identiques, je constate un déploiement idéal des forces de l'ordre que ne renierait pas Horst Tapper.
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Il est 16 heures lorsque débute la cérémonie d'ouverture (j'ai su plus tard sans être étonné que TF1 l'avait diffusé en différé sur vos écrans une heure plus tard en prétendant être en direct). Des bavarois en costumes traditionnels qui nous rejouent l'oktoberfest s'agitent sur le terrain en plein mois de juin. Les Allemands ont un rare talent pour mettre en scène les spectacles du plus mauvais goût. Le coté grotesque de la situation n'échappe pas aux Costariciens qui entonnent des "couillons, couillons" au grand désespoir d'un officiel de la FIFA qui tente en gesticulant de faire taire 5.000 supporters morts de rire.
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On évacue les artistes, je reprend une autre bière en vente libre dans le stade (et oui, hé hé), et les équipes pénètrent sur le terrain pour les hymnes. Après le Deutschland Uber Alles et une chanson espagnole le match débute enfin. A première vue la défense ne semble pas être pas la priorité absolue des deux entraîneurs. Les espaces sont aussi larges qu'à Time Square et les attaquants allemands ne doivent leurs échecs qu'à leur maladresse congénitale. Ils marquent tout de même après 6 minutes sur une patate du hobbit Lahm. J'ai la vague impression que cet après-midi il y aura du but à Munich, les deux formations évoluent dans un schéma et avec un talent qui m'évoque le championnat de district du dimanche matin. Je vais chercher une autre bière.
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Gagné, à la mi-temps les deux poussifs sont à 2 buts à 1 en faveur de l'Allemagne. Je m'attend à un 6 à 4 au bout de 90 minutes mais les ratés consécutifs me frustrent avec un résultat final de 4 à 2. Les médias d'outre-Rhin ont systématiquement placé la pré-campagne du Weltmeisterschaft sous le signe de la victoire miraculeuse de la Mannschaft en 1954 (le miracle de Berne et le cauchemar de Puskas) pour mieux mobiliser les foules autour de leur sélection.
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Ce soir j'ai assisté à un match des années 50 avec des joueurs dignes de l'esprit amateur de Coubertin. C'est sain, c'est distrayant pour le public et c'est une bonne dose de pain béni en offrande aux médias. Je suis par contre plus inquiet pour l'avenir de l'Allemagne et du Costa-Rica dans cette Coupe du Monde après le match Pologne-Equateur (en direct à télé avec un repas au vin en compagnie de la correspondante de la "Hora de Quito", tor ! tor ! Es ist ein tor von Carlos Tenorio !). En mon for intérieur je jubile à l'idée d'un Ribéry confronté aux défenseurs placides du groupe A.
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Demain je serais à Francfort pour vous narrer les aventures de nos amis anglais face au Paraguay mais avant l'honneur m'oblige à un détour par le Neue-Baum de Weihleim pour récupérer l'argent d'un pari audacieux avec mon ami australien.
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Hubdesup
Commentaires
Bonne idée, Argentine-Cote d'ivoire ce soir je vais le suivre à la TV en buvant du vin.
Écrit par : tictac | samedi, 10 juin 2006
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