jeudi, 22 juin 2006
FRANCE-CORÉE
Le pronostic pessimiste
Norden Star, 18 juin 2006
Foutu, c'est foutu.
Le triste résultat du match de ce soir entre la France et la Corée est aussi prévisible que l'était celui de France-Suisse le matin du 13 juin. Au mieux c'est le match nul, au pire c'est la défaite et un horizon dégagé pour le vol retour en charter. Tout heureux d'avoir "privé un adversaire direct de deux point de plus" l'astrologue Raymond Domenech a dévoilé ses fébriles intentions : ne pas perdre, surtout ne pas perdre, quitte à être ridicule et àrisquer l'élimination.
La redoutable Seleção Helvète ne devait pourtant pas présenter de danger pour une formation "n'ayant en tête que le 9 juillet" comme le sélectionneur l'a si volontier rabâché lors du folklorique stage de Tignes. Le statut de favoris des bleus, leur rôle de tête de série et le passé récent obligeait l'équipe de France à mordre dans cette coupe du monde avec toute l'ambition d'un prétendant. Au lieu de quoi nous avons eu droit au pire match de l'épreuve, un zéro à zéro absolu qui fait des français et des suisses les rois des nuls (les matchs). Une rencontre qui nous a fait honte au regard du spectacle proposé par les autres équipes en lice. Argentine, Ghana, Equateur, Espagne et Brésil ne craignez rien car personne ne travaille contre vous en France.
Contre la Suisse en intimant l'ordre à 7 de ses joueurs de ne surtout jamais dépasser la ligne du milieu de terrain Raymond Domenech a obtenu ce qu'il recherchait, un point. Contre la Corée il aligne une formation identique avec une intention qu'on imagine tout aussi inavouable. On ne peut pas croire que le cartomancien cherche à battre la redoutable Corée et ses joueurs du dimanche en alignant un seul attaquant. L'évidence de la feuille de match et de son peureux 4-5-1 (puisque c'est de cela qu'il s'agit en définitif) nous amène à envisager le pire, voire la catastrophe.
Pour qui possède un peu de mémoire on évoquera le match de qualification retour face aux suisses d'octobre dernier ou Raymond Domenech avait débuté le match sans le moindre attaquant. Constatant peu après la nullité de son système tactique il fit rapidement entrer Cissé pour corriger sa mauvaise interprétation des augures lus dans le marc de café. Nous craignons qu'une fois encore il se soit fourvoyé dans des considérations relevant plus de la superstition et de l'émotion qu'à celle du bon sens et du raisonnable.
Ce soir la Corée de Dick Advocaat se présentera sur le terrain pour se qualifier, c'est un fait mathématique, alors que la France de Raymond Domenech y entrera pour espérer encore pouvoir le faire face au Togo le 23 juin prochain. Quand d'un coté Ahn et Park déclarent le sourire aux lèvres qu'ils ont un plan pour gagner et qu'ils débuteront la partie la fleur au fusil, de l'autre le moribond Sagnol ne parle pas du match et s'en prend aux retraités de 1998 pour leurs critiques acerbes. On devine ou vont les priorités.
Les mauvaises ondes du sélectionneur semblent avoir contaminées un groupe par ailleurs détestable dans sa relation avec le public. Le mépris affichés des joueurs pour ses supporters n'a d'égal que l' incompréhension ressentie face aux tribunes remplies de partisans de l'adversaire. Là encore les bleus récoltent ce qu'ils ont semé. Les épisodes navrants des huis clos déplacés et des zones d'exclusions paranoïaques sont presques anecdotiques au regard de ce qui s'est déroulé le 9 juin dernier. Contraint forcé par la FIFA d'organisé au moins un entraînement public le staff des bleus s'est plaint ce jour-là de la présence des 9.000 personnes présentes dans le petit stade de la région de Munchausen. Domenech, assuré de son verbe, s'en est pris aux enfants et aux familles parées de bleus venus les soutenir en ces termes :" Ces gamins, ces gens qui crient dans le stade, c'est insupportable. On ne peut pas se concentrer, on ne peut pas parler, vous vous rendez-compte ?"
Avec une telle philosophie dans laquelle nous ne nous reconnaissons pas il est certain que nous éviterons le prochain déplacement au stade pour les soutenir. Nous nous contenterons de les soutenir à la télévision, comme tout le monde, en attendant le 9 juillet et la finale Argentine-Brésil. Foutu, on vous dit.
Allez les Bleus.
Hubdesup
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