mercredi, 05 juillet 2006
Fabius fait le malin
Laurent Fabius fait le méchant pour devenir président
Norden Star, 25 juin 2006
Il en est persuadé, il sera le candidat du PS en mai 2007. C'est donc juste pour la forme qu'il tire à boulets rouges sur ses petits camarades.
"Ne mélangeons pas notre gauche et notre droite!" Se positionnant clairement en candidat anti-Royal à moins de cinq mois du choix du candidat du PS pour la présidentielle, Laurent Fabius a ouvert samedi soir les hostilités avec sa rivale putative lors de son premier meeting de campagne, l'accusant de marcher sur les plates-bandes de Nicolas Sarkozy et de trahir le projet du PS. Pour lui pas de doute, tout le monde est responsable et coupable.
Non à "la société du Kärcherou du martinet!", a-t-il lancé en s'essayant à l'humour et en mettant dans le même sac ses deux rivaux. "Notre campagne ne copiera pas les méthodes sécuritaire de droite qui ont échoué, et c'est sur l'économique et le social que nous insisterons d'abord. Ne remplaçons pas le politique par le médiatique. Ne mélangeons pas notre gauche et notre droite!" Un comble pour celui qui durant des années a incarné la frange libérale du PS.
"Je refuse une campagne de confusion où notre candidat, l'oeil rivé sur les sondages, s'efforcerait de coller à l'ensemble des aspirations dans le cadre d'un discours zigzag, ajoutant selon le moment et les endroits des mots de droite à des adjectifs de gauche et inversement. Les Français ne sont pas des parts de marché", a-t-il lâché à l'attention de Ségolène Royal. Nicolas Sarkozy "a peu de chances de gagner. Mais la seule chance qu'il a c'est si la gauche n'est pas la gauche". De l'humble avis de nombreux observateurs le Ministre de l'Intérieur verrait plutôt d'un très bon oeil un second tour l'opposant à l'ancien premier Ministre de Mitterrand.
Laurent Fabius a surtout accusé la présidente de la région Poitou-Charentes de trahir le projet du PS pour 2007, tout juste voté jeudi par les militants. "Mon projet sera le projet des socialistes", a-t-il clamé. Il entend toutefois "l'enrichir" à sa sauce pas du tout démagogique. Il a ainsi préconisé d'augmenter le SMIC de 6% dès l'été 2007, pour le porter à 1.500 euros d'ici 2010.
Lors de cette démonstration de force face à ses partisans (et oui ils existent), l'ancien Premier ministre n'aura consacré qu'une brève partie de son discours à Nicolas Sarkozy, rebaptisé "Monsieur Supercherie". Le président de l'UMP, qui promet la"rupture" est "coresponsable des graves difficultés de la France d'avant et de maintenant", c'est "l'homme du Kärcher et du charter", "le spécialiste des cadeaux fiscaux", a-t-il déploré.
Quant à son déficit de popularité désastreux, confirmé par le dernier baromètre TNS-Sofres, Laurent Fabius fait mine de le balayer d'un revers de main. Son pari perdu d'avance : inverser la tendance, comme lors du référendum sur la Constitution européenne. Pour y parvenir, pas de trêve, il veut labourer le terrain une partie de l'été, le vote des militants sur le candidat étant programmé mi-novembre. "Je suis un moteur à gaz propre", s'est-il amusé maladroitement, après avoir été accueilli à son arrivée par la chanson de Cali "C'est quand le bonheur". En décembre il pourra toujours se passer un boucle "Adieu les jolis foulards" de Chantal Goya.
Lors de cette démonstration de force face à ses partisans (et oui ils existent), l'ancien Premier ministre n'aura consacré qu'une brève partie de son discours à Nicolas Sarkozy, rebaptisé "Monsieur Supercherie". Le président de l'UMP, qui promet la"rupture" est "coresponsable des graves difficultés de la France d'avant et de maintenant", c'est "l'homme du Kärcher et du charter", "le spécialiste des cadeaux fiscaux", a-t-il déploré.
Gaia Felis
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