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dimanche, 09 juillet 2006

France-Italie

medium_zinedinezidane.jpgZidane peut-il marquer ?
Norden Star, juillet 2006

La France comme l'Italie n'en a que pour lui. Nous croyons aussi que tout dépendra de Zinedine Zidane.


Un risque de malentendu plane sur la finale de cette XVIIIe Coupe du monde : qu'elle soit réduite à ce que Zinédine Zidane pourra en faire, lui, le "meilleur joueur des vingt dernières années" (Lippi). La France n'est plus seule. Le monde a l'air de pousser pour voir le numéro 10 jouer une dernière partition, en fantasmant sur un France-Brésil-bis. L'idée est dans l'air que Zidane mérite une sortie de seigneur et que la France doit battre l'Italie au moins pour ça.
 
medium_zidane002.jpgQue le bonhomme ait réussi à faire coïncider son dernier instant de footballeur avec une finale de Coupe du monde dit à peu près tout sur lui. Une victoire, brassard au bras, huit ans après son doublé contre le Brésil (3-0), lui vaudrait une envergure historique dont personne ne peut encore soupçonner l'épaisseur. La simple idée qu'il réussirait ce pari inouï, à 34 ans, sans précédent comparable, fait de cette finale un match à part. Mais le football est un sport collectif : un titre de champion de monde est en jeu. La France en a goûté la succulente saveur il y a huit ans. L'idée qu'elle peut déjà le reprendre est très impressionnante.
 
D'habitude, c'est le Brésil, ou l'Argentine. Tel est le sens de l'oeuvre que doit achever la plus belle génération jamais enfantée par le pays de Jules Rimet et de Georges Boulogne. Il faut bien l'appeler génération Zidane. Dans son sillage, il y a les autres, qui n'étaient pas là "avant". Gallas, Sagnol, Abidal, Malouda, Ribéry, Makelele aussi. Surtout, leur reconnaître leur dû : c'est une équipe qui s'est hissée en finale, une vraie, avec son identité et ses souvenirs propres. L'Espagne, le Brésil, le Portugal : il faut plus d'une bande de grognards mal entourée pour accrocher un tel tableau de chasse. Ils n'ont pas été les accompagnateurs du talent de Zidane, quoiqu'il arrive, même si un symbole fort réunit les deux histoires : la France aura retrouvé en 2006 les trois derniers adversaires de son chef d'oeuvre de l'Euro 2000 et un Brésil associé à jamais, à son corps défendant, au rêve du 12 juillet 1998.
 

medium_mussolini.jpgL'histoire, cependant, appartient à tout le monde, même aux "footballeurs" Italiens. Championne du monde en 1934 et 1938 sous Mussolini, à l'époque trouble où le stade olympique fut édifié par la volonté d'Hitler, puis en 1982, date de son dernier trophée, la Nazionale peut devenir l'équipe la plus titrée derrière le Brésil. L'Italie n'en peut plus de rater les derniers matches (1994, 2000) et de voir sa route stoppée par la France (1986, 1998, 2000). Il faut aussi prouver, à l'heure où la justice italienne révèle un Championnat faussé, que le Calcio se joue, derrière les Alpes, avec de grands joueurs. Le parcours italien est moins exemplaire que celui de la France, mais le contenu de sa demi-finale contre l'Allemagne (2-0) est la garantie d'une effroyable difficulté.

Zidane saura anticiper. Il est devenu un champion quand sa trajectoire a croisé, il y a dix ans, celle de Marcello Lippi. L'actuel sélectionneur italien a autant dirigé Zidane qu'il l'a admiré. Il connaît trop le jeu pour oublier que les grands matches appartiennent aux grands joueurs. C'est mécanique : le sort de la finale est en partie suspendu au niveau de jeu, ou de génie, de Zidane. Derrière "vivre ensemble ou mourir ensemble", c'est l'autre phrase-clef des Bleus. Sagnol, vendredi : "Nous avons Zidane et eux ne l'ont pas" .

C'est injuste, mais il est difficile d'en sortir. Car, demain, Zidane, ce sera fini.

 
Hubdesup à Berlin pour le Nordenstar 
Norden Star, 9 juillet 2006

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