dimanche, 20 août 2006
Fidel Castro
Fidel Castro, 50 ans d'histoire
Norden Star, août 2006
Fidel Alejandro Castro Ruz est né le 13 août 1926 à Biran et a grandi au sein d'une famille de fermier aisé. Formé chez les jésuites (et oui!) il sort diplômé de l'Université de droit de La Havane en 1950.
De 1950 à 1952, il se consacre au droit, puis se présente au Parlement pour le "Parti orthodoxe". Mais le coup d'État du général Fulgencio Batista, qui renverse le gouvernement de Carlos Prío Socarrás annule ces élections. Castro attaque Batista en justice, l'accusant d'avoir violé la constitution, mais sa demande est jugée irrecevable. Castro organise alors une réaction armée à la caserne Moncada le 26 juillet 1953. C'est à cet instant qu'il entre dans l'histoire. Voici les grandes dates de son parcours et de sa révolution cubaine:
- 26 juillet 1953: Castro et ses hommes tentent de s'emparer de la caserne de La Moncada à Santiago, c'est un échec sanglant
- 1er janvier 1959: le dictateur Fulgencio Batista fuit Cuba et les "barbudos" menés par Castro prennent le pouvoir
- 17 mai 1959: la réforme agraire et l'expropriation des sociétés sucrières étrangères indisposent déjà Washington
- février 1960: signature lors de la visite du ministre soviétique des Affaires étrangères Anastase Mikoyan de contrats sucriers et pétroliers, premiers d'une longue série d'accords commerciaux en trente ans. Le rapprochement avec l'URSS débute.
- juin 1960: Cuba nationalise les raffineries de la Standard Oil, Texaco et Shell qui refusaient de traiter le brut soviétique
- août 1960: le 6, toutes les sociétés américaines sont nationalisées. Le 8, Dwight Eisenhower que l'on imagine très en colére, décrète l'embargo du commerce avec Cuba, hors vivres et médicaments
- 3 janvier 1961: rupture des relations diplomatiques et fermeture de l'ambassade des Etats-Unis à La Havane
- 16 avril 1961: Castro déclare que Cuba est un Etat socialiste. En décembre, adhésion au marxisme-léninisme
- 17 avril 1961: 1.297 exilés cubains soutenus par la CIA envahissent la Baie des cochons (Playa Giron). Après 72h, c'est la débâcle
- 22 janvier 1962: Cuba est exclu de l'Organisation des Etats américains (OEA). Castro répond en appelant à des révoltes armées dans toute l'Amérique latine
- 7 février 1962: Washington officialise l'interdiction de toute importation cubaine
- 19 mars 1962: début du rationnement alimentaire dans l'île
- 15 octobre 1962: les États-Unis découvrent par hasard grace à leurs avions espions qui surveillent Cuba que Fidel Castro a entrepris la construction d'installations de lance-missiles nucléaires. C'est le début de la "Crise de Cuba" qui verra le monde éviter de justesse un conflit atomique.
- 22 octobre 1962: John F. Kennedy annonce un blocus naval pour obtenir le retrait des missiles nucléaires soviétiques que Castro fait pointer vers les côtes américaines. Nikita Khrouchtchev cédera le 28 contre la promesse américaine de ne pas envahir Cuba. Levée du blocus naval le 21 novembre
- avril à juin 1963: 70% des terres sont nationalisées
- 1er octobre 1965: le Parti uni de la révolution socialiste devient le Parti communiste cubain. L'insurrection dans la Sierra de l'Escambray est matée
- 13 mars 1968: toutes les petites et moyennes entreprises sont nationalisées
- juillet 1972: Cuba rejoint le COMECON, le bloc économique soviétique
- novembre 1974: discussions secrètes entre Américains et Cubains pour améliorer les relations bilatérales. Echec
- 29 juillet 1975: l'OEA lève son blocus imposé en 1964
- décembre: création de l'Assemblée nationale; Castro devient président
- avril 1980: début de la crise des réfugiés dans le port de Mariel, le régime castriste laissant partir vers l'étranger détenus, handicapés mentaux et éléments "asociaux". Environ 125.000 personnes quitteront l'île. La désapprobation de la communauté internationale est générale.
- 14 décembre 1984: accord américano-cubain sur l'immigration
- 1er juillet 1985: chaque Cubain peut devenir propriétaire de son logement
- 12 avril 1986: politique de "rectification" (centralisation et étatisation de l'économie)
- 12 juin 1989: arrestation du général Arnaldo Ochoa, proche de Raul Castro, pour corruption et escroquerie. Soupçonné par certains de trafic de drogue avec l'accord du régime, il est exécuté le 13 juillet
- décembre 1991: l'effondrement de l'URSS ouvre la voie à un arrêt brutal de l'aide soviétique à Cuba, dont le produit national brut (PNB) va chuter de 35% d'ici 1994
- 23 au 29 juillet 1992: à la recherche d'argent frais, Castro effectue sa première visite en Europe depuis 1959. Le dirigeant vient de proclamer l'ouverture de la "période spéciale" (rigueur) dans son pays
- octobre 1992: le Congrès américain renforce l'embargo sur Cuba
- 17 juillet 1993: les Cubains peuvent posséder et dépenser des dollars, ainsi qu'en recevoir de l'étranger. En septembre, les petites entreprises privées sont autorisées
- août 1994: après des troubles à La Havane, Castro déclare qu'il n'empêchera personne de partir. Du 12 août au 13 septembre, environ 40.000 "balseros" fuient par mer vers la Floride. Le 9 septembre, on révise l'accord américano-cubain sur l'immigration
- 1er octobre 1994: fermés en 1986, les "marchés libres agricoles" rouvrent afin de lutter contre la pénurie. Le 1er décembre, ce sera au tour des marchés artisanaux
- 12 mars 1996: la loi Helms-Burton interdit aux sociétés étrangères de commercer avec des entreprises cubaines possédant des biens confisqués à des sociétés américaines. L'Europe proteste
- 17 octobre 1997: inhumation à Santa Clara des restes de Che Guevara, tué trente ans plus tôt en Bolivie
- 21 au 25 janvier 1998: visite du pape Jean Paul II. A la fin de l'année, Noël est officiellement décrété jour férié. Le 12 février, 300 détenus politiques et de droit commun sont libérés
- 23 juin 2001: Castro s'évanouit lors d'un discours sous le soleil
- 16 décembre 2001: des cargaisons de maïs et de poulets congelés arrivent dans le port de La Havane, les premières ventes directes de produits alimentaires américains à Cuba en près de 40 ans
- 6 mars 2003: le Parlement cubain élit Castro pour un sixième mandat de cinq ans en tant que président du Conseil d'Etat, l'organe exécutif suprême
- 18 mars 2003: le gouvernement annonce une répression contre des dissidents accusés de comploter avec des responsables américains. Soixante-quinze opposants sont condamnés à des peines de six à 28 ans de prison
- 20 octobre 2004: Castro trébuche après un discours. Emporté par son élan il s'écrase avec fracas au pied d'un public médusé. Avec cette chute mémorable et digne de Peter Sellers dans "la Panthère Rose" il se fracture le genou gauche et le bras droit
- 17 novembre 2005: Castro assure qu'il se sent "mieux que jamais" et balaie les analyses américaines le pensant atteint de la maladie de Parkinson. Il affirme qu'il cédera le pouvoir s'il n'est plus capable physiquement de gouverner
- 31 juillet 2006: Castro se sent si bien qu'il annonce la délèguation provisoire de ses pouvoirs à son frère Raul, 75 ans, pour raison de santé.
Hubdesup
Norden Star, 1er août 2006




Commentaires
Si on peut se permettre de juger ses états de service on doit alors parler d'un beau parcours de tyran.
Le basculement s'est fait selon moi lors du coup d'état de Batista. Jusque-là Alejandro Castro Ruz est un jeune homme politique ambitieux, conservateur et très épris de justice. Lorsqu'il poursuit le dictateur en justice il fait preuve d'un réel courage politique et d'une grand naïveté: il est persuadé que les tribunaux lui rendront droit.
Les juges étant corrompus ils est alors débouté et entre en résistance. Imaginez ce qu'il serait advenu de lui si le droit avait était été respecté!
Ecrit par : Nova-Polis | mardi, 01 août 2006
Il serait devenu le clone du général Alcazar de Tintin...
Ecrit par : tictac | mardi, 01 août 2006
Pardonnez-moi pour mon language de charretier, mais cet homme est une bien belle ordure.
Le théorie de Novapolis, partagée par d'autres historiens, est souvent citée.
Ce serait pourtant facile de l'absoudre de ses méfaits pour "un crime originel" dont il aurait été la victime. Dire qu'il est devenu un monstre parcequ'un dictateur a confisqué la démocratie revient à dire que Dark Vador a basculé vers le coté obscur pour les mêmes raisons. C'est un mythe.
Ecrit par : Marc Antoine | mardi, 01 août 2006
C'est le dictateur typique d'une république bananiére. Un type de doite qui commet un coup d'état de droite. La seule différence avec le bandit classique (tendance Pinochet) c'est que le loustic a trouvé son intéret dans une alliance avec les soviétiques. Trahison, opportunisme, ca ne vous rappele personne ?
Une république bananiére! Comme celle que nous allons connaître quand le Sarkozy sera au pouvoir!!!
Ecrit par : Beuzance Oui | mardi, 01 août 2006
Il a trahi tes idéaux beuzance ?
Ou ce sont eux qui sont ineptes ?
Ecrit par : Leonidas | mardi, 01 août 2006
et son petit frère, quelqu'un le connait celui là ??
Ecrit par : Garonne | mercredi, 02 août 2006
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