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samedi, 19 août 2006

HP LOVECRAFT


Howard Phillips Lovecraft est né le 20 août 1890. Plus connu sous l'appellation H. P. Lovecraft, il est l'un des pères de la littérature fantastique du XXe siècle.

Il imagina une cosmogonie fabuleuse de dieux, de créatures et de lieux étranges regroupés sous l'expression Mythe de Cthulhu que l'on retrouve dans la plupart de ses textes.

medium_lovecraft2.jpgSolitaire, maladif et rongé par un mal-être permanent, Lovecraft était en perpétuelle difficulté financière, mais il demeurait toujours prolixe en conseils à ses amis écrivains. Toujours insatisfait, il travaillait sans relâche et publiait notamment dans des pulps, dont le magazine Weird Tales où on lui fit essayer tous les genres mais, n'ayant guère le sens des contacts humains, et ignorant les nécessités humaines ordinaires, ses œuvres semblaient écrites par un martien de sorte qu'elles étaient le plus souvent refusées, ne correspondant pas aux critères éditoriaux de ce genre de presse destinée au public d'alors.

L'idée fondamentale de son œuvre est liée au Temps. Pour lui, même l'imagination humaine a ses limites comme nos sens et les choses. Aussi, plus le champ de nos connaissances augmente et plus notre imagination doit croître avec elles de sorte que l'homme finit par être glacé par "le silence éternel de ces espaces infinis" comme l'était déjà Pascal avant lui. Dans cet infini de l'espace et du temps, ce dernier finit par se dévorer lui-même comme le serpent se mordant la queue. Ce voyage mental dans cet espace n'est cependant pas quantifiable par les mathématiciens puisqu'il s'agit de l'angoisse humaine. Ainsi Lovecraft est-il dévoré par l'angoisse du Temps, c'est ce qui ressort le plus de son œuvre et qu'il a traduit dans le domaine littéraire par le biais du fantastique, ou plus exactement du réalisme fantastique. Cette branche de la littérature constituait comme il le dit lui-même : "le seul véritable réalisme, la seule prise de position de l'homme vis-à-vis de l'univers".

medium_cthulhu.jpgAinsi, les romans de Lovecraft présentent le monde comme un univers hanté par des forces anciennes et bannies, attendant l'heure de leur retour, dont l'archétype est le Léviathan. Les monstres les plus récurrents sont Cthulhu, Yog-Sothoth, Azathoth ou Nyarlathotep. Le Necronomicon, ouvrage supposément écrit par l'Arabe fou Abdul al-Hazred, est aussi un "personnage" important. L'Appel de Cthulhu, publié en 1926, est la pièce angulaire de cet univers. Il n'est guère difficile de percevoir sous les noms de ses monstres des réminiscences de créations beaucoup plus anciennes telles Gog et Magog ou Astaroth, thèmes sur lesquels l'auteur a pu greffer ses étranges fantaisies.

On discerne des thèmes rémanents dans son œuvre, tels que la folie - dont étaient touchés ses parents, la futilité des croyances, la dégénérescence, les unions contre nature, la xénophobie, l'impression générale que le monde dans lequel il vivait n'était qu'un leurre désagréable et immonde. Hanté par de nombreuses phobies, il ne pouvait supporter la proximité de la mer, ni même les objets en provenant, tant était grande son aversion pour l'élément primordial de la vie. Le froid le rendait malade et les seuls êtres vivants qui semblent ne pas lui avoir déplu étaient les chats; il en avait toujours plusieurs chez lui pour seule compagnie. Il avouait souvent qu'il aurait préféré vivre au XVIIIe siècle.


A lire :

L'Appel de Cthulhu (The Call of Cthulhu, 1926),
La Couleur tombée du ciel (The Colour out of Space, 1927),
L'Abomination de Dunwich (The Horror of Dunwich, 1928),
Celui qui chuchotait dans les ténèbres (The Whisperer in Darkness, 1930),
Les Montagnes hallucinées (At the Mountains of Madness, 1931),
La Maison de la sorcière (The Dreams in the Witch-House, 1932),
Le Cauchemar d'Innsmouth (The Shadow over Innsmouth, 1932),
Dans l'abîme du temps (The Shadow out of Time, 1934).

 

Elora Catset
Norden Star, 20 août 2006

 

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