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mercredi, 24 janvier 2007

SADDAM HUSSEIN PENDU


 

Le chef du gouvernement Irakien Nouri al Maliki en a d'ores et déjà donné l'ordre, la pendaison peut avoir lieu avant l'Aïd qui débute samedi. Ce soir Saddam Hussein n'est plus le personnage de fiction grotesque du film Hot Shot, il va vraiment mourir loin des spots de Hollywood mais avec la satisfaction de l'être sous les projecteurs de Al-Jazira.

 

EXÉCUTION 

 

747dd14ac59d777d4263d6b533ea8d8c.jpgIl était temps d'agir pour l'ensemble des conjurés qui exigeaient prestement des résultats dans cette débâcle confirmée par le rapport Baker. L'Aïd, la fête religieuse du sacrifice, qui s'étale sur une semaine à compter de samedi midi peut entraîner le report de l'exécution de Saddam Hussein si les derniers détails sordides, tels que le lieu et le sort du corps, ne sont pas réglés avec les autorités américaines. "Il pourrait être pendu cette nuit", a estimé sans rire un haut fonctionnaire irakien interrogé par l'agence Reuters.

 

Une chaîne de télévision irakienne assurait vendredi soir qu'une potence avait été dressée dans la "zone verte", siège de l'administration irakienne et camp retranché du pouvoir américain à Bagdad. La cérémonie serait filmée intégralement, au plus grand plaisir des voyeurs du monde entier. C'est Fox-News qui va être contente.

 

L'Amérique voulait appliquer la démocratie à l'Irak, en réalité elle y pratique une logique typiquement texane et y restaure les antiques jeux du cirque. Les procurateurs Romains, en exercice il y a 2.000 ans dans la province, peuvent jubiler dans leurs mausolés. La logique des Faucons rend hommage aux aigles de l'Empire.

 
En réaction à l'exécution programmée et circonstancielle du dictateur sanguinaire Saddam Hussein nous reviennent donc les paroles historiques de Robert Badinter en 1981 lorsqu'il s'empara de la tribune de l'Assemblée Nationale pour imposer l'abolition de la peine de mort.

 

ROBERT BADINTER 

 

"En vérité, la question de la peine de mort est simple pour qui veut l'analyser avec lucidité. Elle ne se pose pas en termes de dissuasion, ni même de technique répressive, mais en termes de choix politique ou de choix moral.

Voici la première évidence : dans les pays de liberté l'abolition est presque partout la règle ; dans les pays où règne la dictature, la peine de mort est partout pratiquée.

Ce partage du monde ne résulte pas d'une simple coïncidence, mais exprime une corrélation. La vraie signification politique de la peine de mort, c'est bien qu'elle procède de l'idée que l'Etat a le droit de disposer du citoyen jusqu'à lui retirer la vie. C'est par là que la peine de mort s'inscrit dans les systèmes totalitaires.

 

medium_badinter.jpgA cette considération de fait, il faut ajouter une donnée morale : utiliser contre les assassins ou les terroristes la peine de mort, c'est, pour une démocratie, faire siennes les valeurs de ces derniers. C'est leur permettre de leur donner, par une sorte d'inversion des valeurs, le visage sanglant qui est le leur.

 

La vérité est que, au plus profond des motivations de l'attachement à la peine de mort, on trouve, inavouée le plus souvent, la tentation de l'élimination.

Ainsi, dans cette conception, la justice tuerait moins par vengeance que par prudence. Au-delà de la justice d'expiation, apparaît donc la justice d'élimination, derrière la balance, la guillotine. L'assassin doit mourir tout simplement parce que, ainsi, il ne récidivera pas.

Demain, grâce à vous la justice ne sera plus une justice qui tue. Demain, grâce à vous, il n'y aura plus, pour notre honte commune, d'exécutions furtives, à l'aube, sous le dais noir, dans les prisons. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées".

 

Merci pour votre contribution aux valeurs de la démocratie Mr Bush. Venez donc prendre des leçons dans "ce vieux pays d'un vieux continent" et sachez que chez nous, civilisations, on ne tue personne. Même pas les plus ignobles tyrans. Vous ne risquez rien.

 

 

 Liens: Discours de Robert Badinter à l'Assemblée nationale

TSR: L'exécution de Saddam est imminente

 

 

Peachy Carnehan
Norden Star, 30 décembre 2006
 

medium_recrutement.jpgDEVENEZ CORRESPONDANT DE

GUERRE AU NORDENSTAR

 

 

Commentaires

On ne va pas pleurer sur Saddam tout de meme? Je comprend ce qui motive l'article mais enfin. A vous lire je me pose des questions dérangeantes. Il a tué et gazé des milliers de kurdes, il est cobdamné à mort et
et merde

Ecrit par : Maire Fouettard | samedi, 30 décembre 2006

pffff un plaidoyé pour sauver la tête du Raïs. N'importe quoi. Si moi je tiens un Hitler, un Sadaam, un Milosevic ou un Materazzi je les liquide sans procés.

Ecrit par : Cohen | samedi, 30 décembre 2006

Vous ne comprenez rien.
L'article cherche à nous faire prendre conscience que tuer un tueur revient à s'abaisser à son niveau. Exécuter quelqu'un même si c'est une crapule comme Hussein c'est aussi un acte de crapule.
La démocratie a la prétention d'etre exemplaire. Elle l'est quand la loi du talion n'est pas appliquée.

Ecrit par : mélusine57 | samedi, 30 décembre 2006

Melusine a raison, il ne faut pas le tuer. Le moustachu ne vaut pas le prix de la corde qui le prendra certainement. Il faut le sodo#iser avec le concours des 'soldates' US de la prison d'Abu Ghraib. On prend des vidéos et on les diffuse sur youtube.

Ecrit par : Cointreau Aveyron | samedi, 30 décembre 2006

La Babole (petite bonne femme illustrée de Haute Savoie) a également réagi à cette actualité : http://lababole.arviblog.com/article-112665.html
(désolé !)

Ecrit par : La Babole | samedi, 30 décembre 2006

.. QUE PENSE LE GRAND AMI DE SADDAM ( au temps des marchés fraternels des années 1990 ... )

JACQUES ... POURQUOI TU TOUSSES ???

Ecrit par : ANTIRACKET | samedi, 30 décembre 2006

Il a été très digne devant ses bourreaux le tyran. Il n'a pas sourcillé. Une cérémonie affreuse et moyen-âgeuse qui ne trouve d'équivalent que dans les crimes du condamnés.

Ecrit par : WaZaA | samedi, 30 décembre 2006

Bravo pour votre prise de position et pour votre engagement citoyen.

Ecrit par : anonyme | mardi, 02 janvier 2007

Dégueulasse cette mise à mort. Si je ne l'étais pas déjà c'est maintenant garanti : la peine de mort est le fait des états barbares !!

Ecrit par : michel | vendredi, 05 janvier 2007

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