« LES CARICATURES 2006 | Page d'accueil | PSG »
samedi, 10 février 2007
LA RHÉTORIQUE SARKOZY
MAUX DE CAMPAGNES Norden Star, février 2007
La rhétorique est aussi discrète que puissante : elle usurpe le sens des mots, elle enferme la pensée et l'air de rien, elle permet la justification et à l'acceptation du pire.
Un exemple :
"La première cause du chômage, de la désespérance, de la violence dans les banlieues, ce n'est pas la crise économique, ce ne sont pas les discriminations, ce n'est pas l'échec de l'école", a-t-il déclaré. "La première cause du désespoir dans les quartiers, c'est le trafic de drogue, la loi des bandes, la dictature de la peur et la démission de la République.
En opposant la notion de République aux missions premières qu'elle se doit de garantir (éducation, sécurité et justice sociale...), il vide le terme "République" de tout son sens. Ainsi, selon Nicolas SARKOZY, la mission de la Res Publica n'est pas la lutte contre la crise économique, ni l'éducation, ni la justice sociale... Une fois vidé, le sens du mot "République" est substitué par la thématique de la répression contre un ennemi radical, dictatorial et stigmatisé ( par exemple un arabe en jogging). D'une pierre deux coups : Le sens du mot dictature est à sont tour déplacé pour occuper le camp de l'ennemi (en passant : c'est celui qui se plaint de la discrimination).
En opposant le Ministère de l'Intérieur et celui de l'Equipement à leur missions respectives (respect des lois, éducation à la conduite, entretient des routes), il décridibilise leurs actions respectives. Ainsi, la finitude de ces Ministères n'est plus la lutte pour le respect des lois, l'éducation à la conduite, l'entretient des routes... Une fois vidé de son sens, la mission de service public est remplacée par la répression radicale contre un ennemi effrayant et stigmatisé ("ces salauds de chauffards qui nous barrent la route et qui nous emmerdent" dirait-on). D'une pierre deux coups : La source de la peur est à sont tour déplacée pour occuper le camp de l'ennemi.
"Pourquoi croyez-vous que les banlieues se sont embrasées ? Parce que j'ai employé les mots racaille, Karcher ? Mais enfin de qui se moque-t-on ?" a poursuivi Nicolas Sarkozy. "Si j'avais un reproche à me faire, compte tenu d'un certain nombre d'individus qu'on avait en face de nous [...], c'est que le mot racaille était sans doute un peu faible."
"La réalité, c'est que les banlieues se sont embrasées notamment parce nous avons entamé une action de démantèlement des bandes", a-t-il affirmé avant de promettre que les forces de l'ordre n'abandonneraient pas les quartiers sensibles. "Il faut que ces quartiers populaires sachent que la République est de retour."
La plupart des expressions connues de Nicolas Sarkosy peuvent être passées dans le filtre du discernement, il en ressort toujours un affaiblissement des valeurs démocratiques et un renforcement de la peur, de l'angoisse et des valeurs de la toute puissance d'un seul homme. Et ce sont là les conditions utiles et nécessaires à l'établissement d'un Etat dictatorial.
Voilà donc la recette rhétorique de Nicolas Sarkozy : l'agitation des peurs primaires doublée de la recherche inquisitrice et angoissante du coupable idéal. A quoi il convient d'ajouter le reniement pur et simple des fondements de la République le tout saupoudré de mensonges pour nous rendre avides d'une solution radicale, simple, immédiate et absolue.
Abcdefghijkl no-log.org (mnop)
Norden Star, 3 février 2007
01:30 Publié dans France Politique, Présidentielle 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Sarkozy, royal, ps, ump, presidentielles


Les commentaires sont fermés.