dimanche, 10 juin 2007
ÉTUDE COMPARATIVE
Sarkozy élu : Braquage à l'italienne Norden Star, mai 2007
Nicolas Sarkozy a remporté cette élection présidentielle. Il l’a fait en rassemblant massivement sur son nom les voix de la droite, de l’extrême droite, et du centre-droit. Il l’a fait en s’appuyant sur un programme qui combinait, d’une part, un libéralisme économique et social assumé, et d’autre part, la réhabilitation des valeurs morales traditionnelles de la droite. Il a par ailleurs bénéficié, objectivement, du soutien de fait de la majorité des médias du pays.
Il y a de cela quelques années, Silvio Berlusconi remporta les élections législatives italiennes. Il le fit en rassemblant massivement sur son nom les voix de la droite, de l’extrême droite, et du centre-droit. Il le fit en s’appuyant sur un programme qui combinait, d’une part, un libéralisme économique et social assumé, et d’autre part, la réhabilitation des valeurs morales traditionnelles de la droite. Il bénéficia par ailleurs, objectivement, du soutien de fait de la majorité des médias du pays.
Je n’ignore pas que faire ce parallèle peut sembler choquant ou excessif en première lecture. J’ajoute donc immédiatement une différence majeure entre Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi : le Président du Conseil italien était lui-même propriétaire de l’essentiel des médias soutenant sa campagne. Pour le reste, je maintiens le parallèle, aussi bien sur la stratégie employée pour gagner que sur des aspects plus secondaires, comme par exemple leur goût commun pour les déclarations provocantes attirant sur eux l’attention médiatique.
Une fois ce parallèle posé, déduisons-en un essai de prédiction sur ce dont accouchera le mandat de Nicolas Sarkozy.
Pendant cinq années, le gouvernement de Silvio Berlusconi appliqua sa politique économique et sociale avec détermination, sans laisser de place pour la négociation ou le compromis. Il en résulta pour ce gouvernement, en bonne logique, un soutien sans faille du socle dur de l’électorat qui l’avait porté au pouvoir. Et il en résulta, dans le même mouvement, un rejet progressif et de plus en plus marqué de la politique de ce gouvernement par tout ce qui n’était pas partie prenante de ce socle dur. La législature berlusconienne trouva donc son épilogue dans un combat électoral acharné et très serré entre, d’un côté, le socle dur de l’électorat de ce gouvernement, et de l’autre, une coalition hétéroclite allant du centre jusqu’à l’extrême-gauche. Une coalition arc-en-ciel, pour ne pas dire bordélique, qui n’avait pu voir le jour que grâce au rejet de la politique de Silvio Berlusconi en guise de puissant ciment unificateur. In fine, la victoire se joua aux points, et fut remportée par la coalition arc-en-ciel de Romano Prodi.
Déduisons-en un scénario « à l’italienne » pour le mandat de notre nouveau président.
Le gouvernement de Nicolas Sarkozy appliquera sa politique économique et sociale avec détermination, sans laisser de place pour la négociation ou le compromis. Il en résultera pour ce gouvernement, en bonne logique, un soutien sans faille du socle dur de l’électorat qui l’a porté ce soir au pouvoir. Et il en résultera, dans le même mouvement, un rejet progressif et de plus en plus marqué de la politique de ce gouvernement par tout ce qui n’est pas partie prenante de ce socle dur. Ainsi, dans cinq ans, la présidence sarkozienne trouvera son épilogue dans un combat électoral acharné et très serré entre, d’un côté, le socle dur de l’électorat de ce gouvernement, et de l’autre, une coalition hétéroclite allant du centre à l’extrême-gauche. Une coalition arc-en-ciel, pour ne pas dire bordélique, qui n’aura pu voir le jour que grâce au rejet de la politique de Nicolas Sarkozy en guise de puissant ciment unificateur.
Reste à savoir si le combat aux points sera alors remporté par le camp des sortants, ou par la coalition arc-en-ciel de rejet. Reste à savoir également qui reprendra, pour la version française de cette comedia dell'arte, le rôle tenu en Italie par Romano Prodi.
Thomas Guénolé grozbulles.hautetfort.com
Norden Star, 7 mai 2007
Commentaires
Sarko Berlusconi même cambat. Avec de la chance il finira aussi piteusement que son collègue pro-fascite italien.
Ecrit par : hector | lundi, 07 mai 2007
Le parallèle est intéressant mais osé. Le paysage politique Français, la culture des grands partis de gauche et de droite, les conditions du débat démocratique: tout cela est très différent de ce qui se passe en Italie, où les antagonismes droite/gauche, libéralisme/socialisme, sont beaucoup plus marqués que chez nous.
En France, et c'est ce qui est rassurant, on semble de plus en plus évoluer vers un redéploiement idéologique en direction du centre. Sarkozy l'a d'ailleurs très bien compris, qui après avoir décapité l'extrême droite au premier tour en draguant ses électeurs des couches populaires - déçus du communisme et du socialisme - a opéré un virage spectaculaire vers l'électorat de Bayrou à l'orée du second tour.
Le calcul électoral a beau être transparent, les conséquences seront moins innocentes qu'il n'y paraît, dans la mesure où pour continuer à rassembler et fédérer autour de lui, Sarko va devoir composer avec la frange centriste de ses partisans, ce qui nous promet une composition du futur gouvernement beaucoup moins "droitière" que l'on pouvait le craindre.
Pour peu qu'une personnalité issue des rangs de la gauche - je veux bien évidemment parler du "traitre" Besson - rejoigne le futur gouvernement Sarkosy, en compagnie, pourquoi pas d'un Nicolas Hulot que l'on dit tenté par les sirènes d'un grand ministère de l'Ecologie, et Sarko nous fera du Bayrou dans le texte avec un gouvernement d'ouverture et de coalition.
Au moment où j'écris ces lignes, tout cela n'est bien entendu qu'une utopie perdue dans les brumes d'un avenir indécis, mais qui sait quelle réalité cela pourrait avoir demain? Avouez que ce serait chouette non?
Ecrit par : Damien | lundi, 07 mai 2007
Hulot oui, pour faire rebasculer le gouvernement sarko vers le centre et l'éloigner de l'extrême droite. Par malheur on risque surtout une Roseline Bachelot, voire pire : sarko n'a t il pas suggéré de faire du ministère de l'environnement un simple secrétariat d'état.
"Les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent" disait Pasqua, je crois que Hulot s'est fait entuber. C'est une catastrophe.
Ecrit par : LOOS | mardi, 08 mai 2007
être écolo et de droite c'est incompatible dans la vie alors dans un gouvernement... On peut pas avoir Fillon l'ultralibéral comme premier ministre et hulot à l'écologie. On ne peut pas valoriser et booster la croissance d'un coté et demander le contraire de l'autre
Ecrit par : queen laura | mardi, 08 mai 2007
En ce qui me concerne, le combat continue...
Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts (F. Nietzsche)...
Cordialement, :-)
Hyarion, citoyen résolument anti-sarkozyste.
Ecrit par : Hyarion | mardi, 08 mai 2007
c'est maintenant qu'il faut soutenir notre president comme il l'a dit au debut de sa campagne ENSEMBLE ainsi nous gagnerons. et que vive la france.
Ecrit par : paul.lanoye | mercredi, 09 mai 2007
Naïf le Damien.
N.Sarkozy ne fera appel ni à N.Hulot, ni à JL.Borloo. La raison en est simple elle émane du bon sens; la droitisation effrénée du discour puis la large victoire du candidat UMP ne lui accorde qu'un faible espace pour manoeuvrer à sa gauche.
Elu sur des valeurs de droite dure, attendu sur leur mise en oeuvre, il n'a d'autre alternative que de nommer F.Fillon à Matignon. La place des progressistes et des modérés relévera fatalement de la portion congrue.
Le fantasme, parfois partagé, d'un Hulot, d'un Borloo voire d'une ouverture vers le centre virera inévitablement au cauchemar politique avec l'entrée en scène des Brice Hortefeux, Xavier Bertrand, Donneudieu de Vabres, Raffarin et, paraît-il, des Madelin et autres Carignon.
Je ne doute pas que depuis le pont de son yacht de star N.Sarkozy ait déjà réglè le sort de l'écologie politique. En l'ignorant.
Ecrit par : Lugdunum | mercredi, 09 mai 2007
Désolé Paul Lanoye mais je n'ai pas voté pour ce président, donc pour le moment je ne le soutiens pas, et surtout pas dans sa courte retraite sur un luxueux yacht. Certes il a le droit d'aller en vacances où il veut mais là c'est de la pure provocation. J'aurais préféré ce que suggérait la presse au début, un petit séjour en Corse.
De même, était-il obligé de dormir dans un luxueux hôtel des Champs Elysées dans la nuit de dimanche à lundi ? Il n'a plus d'appartement nul part ? L'hôtel, c'est en attendant de loger à l'Elysée ?
Et pour la petite histoire, l'hôtel Le Fouquet's est la propriété du groupe Lucien Barrière dont le PDG n'est autre que Dominique Desseigne, ami proche de... Nicolas Sarkozy. C'est bien vous suivez.
Reste plus qu'à savoir que le jet privé a été construit par Dassault et la boucle est bouclée non ?
Ecrit par : Adrien | mercredi, 09 mai 2007
Soutenir qui ? Soutenir quoi ? Un tyran ?
La Guillotine Mr Sarkozy, la faucheuse républicaine.
Ecrit par : San Paolo | mercredi, 09 mai 2007
attend un peu sarko, attend juste un peu
Ecrit par : mica | mercredi, 09 mai 2007
votre journal est une feuille de choux sectaire , Sa vous ennui que Sarkozy soit elu avec une forte majorite , il sera pendant 5 ou 10 ans et vous on vous aura bien vite oublie
Ecrit par : broc | jeudi, 10 mai 2007
Pas certain que Sarko soit encore président dans 5 ans...
Ecrit par : Marc Antoine | jeudi, 10 mai 2007
Berlusconi est quand même le seul fasciste du monde à avoir perdu une élection...
Ecrit par : wilo | mercredi, 23 mai 2007
c'est marrant de lire les commentaires postés AVANT la nomination du gouvernement... :p
Ecrit par : wilo | mercredi, 23 mai 2007
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