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mardi, 13 novembre 2007
JOUR DE GRÈVES
JOURS DE GRÈVES
QUE LA FÊTE COMMENCE !
La grève s'annonce massive mais Nicolas Sarkozy attendait le moment du clash depuis le premier jour de son élection. La bataille idéologique aura bien lieu.
A partir de mardi soir 20h un train et un métro sur dix rouleront. La grève s'annonce massive et la SNCF, très prévenante à défaut d'être efficace dans ses négociations sociales, averti ses usagers (qu'elle n'ose pas encore appeler "clients") en recommandant "à toutes les personnes qui le peuvent de limiter leurs déplacements". Elle pourrait aussi leur conseiller la patiente, le mouvement étant reconductible et les personnels grévistes légèrement déterminés.
Un autre aussi est déterminé.
Nicolas Sarkozy attend le moment du clash depuis le premier jour de son élection, le 6 mais dernier. Il ne s'en est jamais caché, il veut la rupture à n'importe quel prix (Cécilia exceptée). A Washington, la semaine dernière il le répétait encore aux entrepreneurs franco-américains "oui, y aura des grèves, oui y aura des manifestations. Mais je tiendrai, je tiendrai, hein. Je tiendrai pas parce que je suis têtu, nan, hein, je tiendrai parce que j'ai dis que je le ferai. Voilà".
Au-delà de ses fanfaronnades on sent surtout l'hyperprésident trépignant à l'idée de mener sa petite guerre personnelle contre les syndicats, ces communistes. Pour une fois Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, ne s'y trompe pas quand il déclare que "le gouvernement veut le conflit pour l'exemple". De la à dire que l'UMP attend son grand soir...
UNE GUERRE IDÉOLOGIQUE
Dans cette affaire Sarko semble vouloir mener une guerre totale, une guerre d'anéantissement. Une liquidation totale des derniers foyers d'insurrection à sa personne. Quoi de plus symbolique que l'écrabouillement public de ces milliers de gauchistes qui ont eu le tort, en 1945 sous De Gaulle, d'obtenir des acquis sociaux pour services rendus à la Nation pendant l'occupation. Ce serait une belle revanche idéologique pour Maurras et Barrès, les deux maîtres à penser, et à plumer, de Henri Guaino, premier conseiller de Sarko à l'Élysée.
Le problème dans la guerre idéologique c'est qu'elle finit toujours par être improductive.
Sarko, qui se nourri frénétiquement de sondages, est persuadé que sa dialectique finira par convaincre majoritairement l'opinion. Et comme tout le monde le sait depuis le 6 mai dernier, "l'opinion de la majorité" est forcement une vérité (avec la collaboration de Jean-Pierre Pernaut). Dans ces conditions peu importe que la réforme des régimes spéciaux ne soit qu'un pet dans un ouragan, ce qui importe c'est de montrer ses petits muscles.
Les 600 millions d'Euros d'économie espérés représentent bien peu de chose au regard du gouffre abyssal du régime des retraites. Pire, ils ne constituent qu'une infime partie de l'ensemble des régimes spéciaux. Ceux qu'il aurait fallut réformer en priorité dans le grand lot de la rupture.
Mais là, pas touche au grisbi ! Faut pas déconner avec le bizarre.
La guerre idéologique, elle se mène contre l'ennemi de classe, pas contre les alliés de sa base électorale ! Taper sur des conducteurs de trains communistes c'est finalement un acte naturel pour un élu UMP. Remettre en cause les avantages moyenâgeux des notaires, des chauffeurs de taxi, des militaires et surtout, grands dieux !, les régimes spéciaux des commerçants et artisans, ça, c'est une autre affaire. Et pourtant le coût des petites gâteries accordées à ce vivier électoral de la droite est estimé à 10 milliards d'Euros.
Voilà qui relativise la nuisance des cheminots et qui donne des pistes pour l'avenir.
Que Sarko se lance avec agitation dans les réformes pourquoi pas. Si c'est pour le bien commun nous sommes même éventuellement disposés à ne plus dire du mal de lui. Tant qu'il appliquera une politique sélective et catégorielle, systématiquement dédiée à l'intérêt de ses amis dans le besoin, de ses électeurs et de sa personne (140%), il sera improductif et finira à terme par être impopulaire. Ce qui pour nous serait amusant mais signifierait pour lui la fin de toute chose. En attendant que Sarko passe aux choses sérieuses nous soutiendrons donc les grévistes de la SNCF à notre façon : en ne nous déplacant pas et en regardant l'inspecteur Derrick à la télé. Ce qui aura le mérite de laisser la voiture au garage et de polluer moins, même si c'est pour gagner moins.
02:35 Publié dans France Politique | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : Actualités, Grève, Sarkozy, SNCF



Commentaires
Amis notaires, cet article est pour vous.
Ecrit par : Yolanda | mardi, 13 novembre 2007
Oui, oui, bien vu. Bien vu le retournement. La charge de la SNCF dans les régimes spéciaux ne s'éléve qu'à 10% alors que celles des commerçants coute à elle seule 6.5 milliards (la moitié). Alors pourquoi les commercants qui ne sont pas des membres de la LCR sont autant déficitaire, et bien c'est parce qu'ils ne sont pasobligés de payer les cotisations retraites mais qu'ils y ont droit tout de meme apres 60 ans . Entre temps ils s'en fourent plein les poches.
Le minimum c'est de réformer en commencant par eux. (et je ne parle pas des militaires qui sont retraités à 35 ans)
Ecrit par : michel | mardi, 13 novembre 2007
Ils le disent dans l'article Michel, une majorité ne frappera pas sa base électorale.
C'est valable pour la gauche comme la droite.
Ecrit par : coligny | mardi, 13 novembre 2007
JE RIGOLE à l'avance des jités de tf1 avec leurs micros trottoirs et les couillons 'prisonniers' des grevistes
nananére je peux pas aller au boulot
derrik c'est une bonne idee
Ecrit par : said | mardi, 13 novembre 2007
Attention quand même à ne pas enterrer trop vite les cheminots ! Si ça tourne mal, Sarkozy DEVRA payer les conséquences !!!!
Ecrit par : Gargamelo | mardi, 13 novembre 2007
Tout remettre à plat ca risque de faire le jeu de Sarko. Ce qu'il veut c'est liquider 2 siècles de luttes sociales (mai 68, 1936, etc.) et dépouiller le droit du travail. Etape par étape
Quand les cheminots ont fait grève, je n'ai rien dit.
Quand ils ont fermé les tribunaux et les hopitaux, je n'ai rien dit.
Quand ils ont dépénalisé le droit du travail, je n'ai rien dit.
Maintenant qu'ils veulent me faire travailler 60 heures par semaines au Smic, il n'y a plus personne pour dire quoi que ce soit...
Ecrit par : Pierre François | mardi, 13 novembre 2007
bien dit Pierre-Francois.
Ecrit par : véro | mardi, 13 novembre 2007
Je me suis permis de reprendre la fin du commentaire ci-dessus de Pierre-François (merci à lui) sur mon propre Bloc-Notes:
www.lamauragne.blog.lemonde.fr
jf.
Ecrit par : jacques | mardi, 13 novembre 2007
Mouais, c'est un peu simpliste tout ça...
Certains réforment, d'autres protestent. Certains suppriment, d'autres s'accrochent à leurs acquis sociaux. Certains disent que c'est nécessaire, d'autres crient au retour de la milice.
En somme, on est dans une grande démocratie, en 2007, avec des divergences d'opinions, des gens qui font usage du droit de grève, des syndicalistes qui tentent d'ouvrir le dialogue, des hommes politique qui pour l'instant font la sourde oreille mais seront bien obligés d'entendre le "cri du peuple" s'il vient à résonner trop fort depuis la rue.
Je ne sais pas pour vous, mais moi je trouve cela plutôt rassurant quand je vois ce qui se passe ailleurs dans le monde. Finalement, notre seul sujet d'inquiétude demain sera de savoir combien de temps nous allons mettre pour aller bosser... A moins que nous ne préférions poser une RTT!
Ecrit par : Dmien | mardi, 13 novembre 2007
Les consignes du Nordenstar sont claires Dmien, il faut regarder l'inspecteur derrick à la télévision.
Merci à jacques qui me permet d'avoir mon 1/4 d'heure de gloire perso.
Ecrit par : Pierre François | mardi, 13 novembre 2007
Extension du domaine de la lutte!! Allez les gars il faut tenir jusqu'au 20 novembre pour vous joindre aux fonctionnaires!! Je fais aussi confiance aux etudiants. On va lui en faire bouffer de la rupture à l'autre
Ecrit par : buzi-ness | mercredi, 14 novembre 2007
Les grèves françaises dans les transports n'ont pour but que de pousser les clients à faire pression sur le gouvernement pour qu'il accorde aux grévistes ce qu'ils demandent. Les syndicats pourraient tout autant assurer le service de transport gratuitement pour les clients, ce qui est admis par la Cour de justice europeenne. L'effet serait dur financièrement pour la SNCF ou la RATP. Mais les syndicats français en sont encore à des pratiques du 19e siècle.
Ecrit par : DJ | mercredi, 14 novembre 2007
moi je suis solidaire des grêvistes de tous poils !!
ces gens ont signé un contrat avec l'état, ils ont passés des concours, et d'ailleurs j'invite les jaloux et autres envieux à essayer de passer les concours de la fonction publique, ils verront que c'est loin d'être aisé d'être fonctionnaire.
Ecrit par : tonquedec | mercredi, 14 novembre 2007
La sympathique Ministre Christine Lagarde a incité les français à rouler en vélo devant la hausse du pétrole. Bertrand va sans doute inciter les usagers des transports , à prendre leurs patins à roulettes!
Vous voyez, le gouvernement a toujours une solution !
Ecrit par : staff32 | mercredi, 14 novembre 2007
Pas de métro, pas de trains, prenez un airbus !!!
Ecrit par : Hector 28 | vendredi, 16 novembre 2007
@peachy et michel,
Chers amis, je suis commerçante et je ne pense pas faire parti des priviliégés, loin de là!
1-Je ne cotise pas pour le moment car le revenu de mon commerce n'est pas suffisant, ce qui veut dire des trimestres en moins au bout du compte...
2- Je ne m'en met pas plein les poches!!!!
3- la retraite des commerçants est plus proche du RMI que de celle de Giscard
4- je touche rémi depuis un an et je n'en suis pas fière, mais c'est ma seule façon de manger...
petit 5, tout les commerçants ne sont pas de droite, la preuve je suis de gauche!
Attention aux idées reçues!
a part ça, j'aime bien votre webzine...
Ecrit par : marie t | vendredi, 16 novembre 2007
Marie. Tous les commerçants n'ont pas réussi à ammasser des millions d'euros dans la vie, tu le dis. Vous avez quand même un régime spécial assez unique dans le monde cicilisé : le droit de payer ou pas vos cotisations.
Je pense que dans ta branche c'est utile en cas de baisse d'activité. Pour éviter la faillite évoquée par Fillon, par exemple.
Ce qui est dommage c'est la prise de position du syndicat des commercants et artisants qui a appelé à "manifester" avec "les usagers en colère" contre le droit de grève, ce dimanche à Paris. Les 3000 gominés venus de Neuilly (dans des bus affrétés par l'UMP, Le Parisien) ont traversé la ville aux cris de : "à bas la grève", "de l'ordre, de l'ordre", et "Nicolas tu tiendras". Je le sais, je les ai vu.
Marie, tes collègues sont pour la réforme, mais pas pour eux.
Ecrit par : michel | mardi, 20 novembre 2007
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