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jeudi, 17 janvier 2008

AUTOPSIE DE CARLOS


 

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Bien éloigné de l’humain moyen tel qu’on le représente dans les pages de la Redoute –celle qui ne sont pas collées, en tout cas-, Carlos a incontestablement marqué son époque. Et influencé l’homme dans sa découverte de lui-même.

« Tirelipimpon sur le Chihuahua » chantait-il à la foule admiratrice, en 1991, à Montréal, lors d’un colloque sur l’Approche linguistique du jugement analytique. Depuis cette date, le discours n’a pas changé : Carlos et l’essence universelle de l’homme ne font qu’un. Son autopsie nous permet d’en savoir plus sur la complexité du personnage. L’entité Carlos est multiple.


Elle est enfantine, espiègle, pouponne


cf6c826e3fd0c99e877da4f3231861a7.jpgL’entité Carlos renvoie à l’enfance, aux coussins péteurs dans le landau, à ces madeleines qu’on avalait chez Tante Léonie, le soir, et qui nous rendaient indifférentes les vicissitudes de la vie, les désastres inoffensifs, la brièveté de l’existence illusoire, de la même façon qu'opèrent l'amour et les baisers de Rosalie Rosalie-oh, Rosalie Rosalie-ah.
Inconsciemment, l’homme est immature. Dans le couple, il endosse l’habit de protecteur ; pourtant, au fond de lui, tout ce qu’il recherche, c’est une layette. Chez la femme, c’est la fonction de mère qui l’intéresse. Téter les seins maternels, retourner à l’ovule originel par tous les moyens, jouer du hochet comme un signe de ralliement : telles sont les quelques quêtes (à prononcer vite pour rire un bon coup) de l’homme.
De là à considérer que, si la vérité sort de la bouche des enfants, c’est qu’en tout homme réside un pédophile, c’est un pas que nous ne… ah ben si, que nous franchirons.


L’entité Carlos est femme, aussi


178eb47493958ec61fe19b2524f352e2.jpgCarlos est geisha, gai, gay : un côté bas résille, à l’heure où même les homosexuels peuvent accoucher. L’homme n’est pas seulement un tas de chairs noircies par les rires gras. Il est émotif quand l’anecdote de Philippe Bouvard concerne un "CSP moins". Il pleure quand la blague de la bite qui poursuit un cul a été vraiment bien racontée par Sim. Il se maquille avant de passer sur scène, déguisé en infirmières pour un sketch avec Guy Montagné. Il s’applique, consciencieux et professionnel. Car comme la femme, l’entité Carlos a peur du bide.


Elle est flic

134e4c06169e8aec3ac1d710fdd5c3d2.jpgSévère, mais juste. Sévère, lors de l’apéro, juste avant de verbaliser le jeune qui préfère rire de Gad Elmaleh ou de Florence Foresti. L’autre face de Carlos, c’est le policier. La pile, c’est à ranger dans les cartons, par ordre chronologique. Il a été prouvé comme indubitable la destructuration subsémiotique de cette certitude. En cela, Carlos est Sartre. Et en cela, Sartre est donc flic. Et, par conséquence, les flics habitent tous au Mans.


Elle est violente

579e09bd6ce83cbac31bcc73ff02072e.jpgPrimaire. Secondaire, si on pousse l’étude de l’artiste un peu plus loin que le CM2. Carlos a été sculpté à l’image de l’homme : brut et brute. Façonné à la Pierre Douglas, le roi des chansonniers français, mais marqué à jamais par les spasmes de la vie. Pour illustrer cette violence, quoi de mieux qu’une blague de Carlos ? « C’est un homme qui entre dans une pharmacie et demande au pharmacien de lui donner du Viagra. Le pharmacien le regarde et lui fait : vous avez une prescription du médecin ? » Et l’autre répond : « Non, mais j’ai une photo de ma femme ! »



 

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Norden Star, 17 janvier 2008
 

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Commentaires

C'est du déchainement tous vos posts sur Carlos. Z'êtes inspirés comme un papayou tout dur...

Ecrit par : oliv | jeudi, 17 janvier 2008

On ne retiendra pas seulement l'histoire de la bite qui poursuit un cul mais aussi celle racontée avec talent du nain qui suce un âne.Une blague de madame Bellepaire, de Loche, dans le Bas-Rhin. Adieu l'artiste.

Ecrit par : Claudy | jeudi, 17 janvier 2008

jubilé Carlos sur le nordenstar! MDR

Ecrit par : BIDIBA | jeudi, 17 janvier 2008

Ici en Martinique tu vas nous manquer

Ecrit par : Jessica | vendredi, 18 janvier 2008

Carlos emporté par la faucheuse, c'est la première perte culturelle d'envergure de ce début de siècle. La civilisation saura s'en remettre ? Quoi de plus beau que cet hommage posthume qui grave dans la marbre du numérique ces mots éternels : « les vicissitudes de la vie, les désastres inoffensifs, la brièveté de l’existence illusoire, de la même façon qu'opèrent l'amour et les baisers de Rosalie Rosalie-oh, Rosalie Rosalie-ah »
Carlos si de là haut tu nous lis.

Ecrit par : yahou 06 | vendredi, 18 janvier 2008

Il va nous manquer ici aussi Jessica. On rigole beaucoup sur ce site mais le gros on l'aimait bien.

Ecrit par : bonollo | vendredi, 18 janvier 2008

Mort de rire! Si je puis dire.

Ecrit par : CC | vendredi, 18 janvier 2008

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