lundi, 28 janvier 2008
LES DESSOUS DE LA FRANCHISE
FRANCHISE MÉDICALE
UNE FRANCHE IDÉE
Les français sont les plus gros consommateurs d'antibiotiques et de psychotropes d'Europe, il fallait bien trouver quelque chose pour nous rendre moins accros.
Ah, le mois de janvier! Ses cartes de voeux à paillettes, ses soldes où on nous ressort des vêtements dont les formes ou les couleurs témoignent qu'ils ne sont même pas de la collection de l'année mais de 1992 (c'est pas possible un jaune comme ça!), et son lot de nouvelles lois avec lesquelles il faut apprendre à vivre. Depuis le 1er janvier, les franchises médicales s'appliquent à tous, pour tous les traitements et à tous les médicaments - à quelques heureuses exceptions près. Idée compréhensible, peut être même louable que de vouloir limiter nos dépenses de santé. Mais la franchise est-elle une idée franchement si lumineuse que ça, et dans tous les cas?
Une franche idée
C'est vrai ça, avec des français qui sont les plus gros consommateurs d'antibiotiques et de psychotropes d'Europe (on se demande bien pourquoi...), il fallait bien trouver quelque chose pour nous rendre moins accros. Sans compter que toutes ces boites et tous ces emballages, c'est pas vraiment écoresponsable par les temps qui courent. Alors un jour de fin 2007, un quidam du bureau de Roselyne a sorti l'idée du siècle « Y'a qu'à leur passer l'envie de se gaver de médicaments qui nous coûtent coûtent si cher, en jouant sur le tiroir-caisse ». Si à première vue, on peut laisser passer l'idée tant que tout le monde participe à l'effort, il ne faut pas avoir fait pharma pour comprendre assez vite une des failles. La preuve par l'exemple (véridique).
Sortez une feuille blanche, calcul mental!
Je suis sous traitement pour 6 mois (non pas moi, elle). Je dois prendre un comprimé par jour de ma molécule favorite. Pourtant, je dois aller chaque mois renouveller mon stock, et quand je demande si je ne peux pas avoir une délivrance en une seule fois, refus catégorique - « c'est pas moi qui fait les lois, et la Sécu, elle veut pas » dixit ma pharmacienne en me faisant les gros yeux comme si j'étais une dangereuse addict en manque de méthadone. Hmmm.
Il existe 3 types de conditionnement pour mon médicament : une boite de 10 comprimés, une boite de 42 ou une boite de 112. Bref, pour un mois, on me donne 3 boites de 10. Ce qui me fera 18 boites au bout de six mois, soit 9 euros de franchise pour ma pomme, 6 déplacements avec émission de gaz à effets de serre, et 6 passages à la caisse avec transfert et traitement de dossier par le personnel de la pharmacie et de la Sécu. Si j'avais tout eu d'un coup (180 comprimés, suivez bon sang!), on m'aurait donné tout au plus 5 à 6 boîtes (ça dépend des stocks ma petite madame), soit 3 euros de franchise, 1 seul trajet avec émission de GES, moins d'emballages à jeter, et un seul dossier à traiter. Hmmm.
Et un peu de jugeotte dans tout ça?
En cette période de "sacro-saint pouvoir d'achat qui baisse", on peut se demander où est l'économie et qui est encore le dindon de la farce. Entre des pharmaciens qui ont tout intérêt à nous faire revenir chaque mois chercher notre dû, des fois que l'on serait tenté par la crème anti-rides ou les shampooings aux plantes qui trônent sur l'étagère quand on rentre, et une Sécu qui doit aimer multiplier les traitement de dossiers, reste le malade-citoyen lambda qui se pose des questions. Non? Bon alors , je recommence. Je suis sous traitement pour 6 mois. Je dois prendre un comprimé par jour...
Cet article du Nordenstar est également relayé par Google News France, le portail de l'information. Jeter un oeil ici
Super Pierrette
Norden Star, 28 janvier 2008

Commentaires
Des malades du sida sont en grève des soins pour alerter le gouvernement mais le gvt s'en fout. Voir ça en 2008!!
Ecrit par : Nad | lundi, 28 janvier 2008
bien l'article. Il prouve (si c'etait en core necessaire)que Ubu est devenu roi et que les shadocks ont pris le pouvoir. Sarkozy et Bachelot pourrait rependre la devise des shadoks justement pour illustrer leur politique lumineuse : "si il n'y a pas de solutions, c'est qu'il n'y a pas de problemes! "
On est pas sortit de l'auberge.
Ecrit par : cyrille | lundi, 28 janvier 2008
Ils vont tous nous faire crever avec leurs saloperies ultra-libérales....
Ecrit par : seb | lundi, 28 janvier 2008
Cyrillou, le mot problème implique qu'il y ait une solution, c'est dedans c'est comme ça (comme une surprise dans un oeuf kinder si tu veux). Donc effectivement quand il n'y a pas de solution il n'y a pas de problème, il y a un mystère...
Etymologiquement votre !
Ecrit par : étudiant en philo ;-) | lundi, 28 janvier 2008
@ cyrille et étudiant
Les Shadoks disaient exactement :
"Lorsqu'une solution à un problème pose problème c'est que le problème est problèmatique. Donc pour ne pas avoir de problèmes il vaut mieux trouver une solution non-problèmatique en prenant comme postulat de base : s'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème."
Et Ponce Pilate se lavait les mains...
Ecrit par : farniente | mardi, 29 janvier 2008
Je pompe donc je suis.
Ecrit par : ZarZaoui | mardi, 29 janvier 2008
@ zaraoui
Toujours dans la même veine, les Shadoks disaient aussi ( et c'est l'une de mes devises préférées) :
"Il vaut mieux pomper même s'il ne se passe rien que risquer qu'il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas."
Ecrit par : farniente | mardi, 29 janvier 2008
rien a dire deplus:
http://perso.numericable.fr/gabuzo38/devises/d_07.jpg
Ecrit par : Cyrille | mardi, 29 janvier 2008
J'adore vos post. Permettez que je m'y jette. « Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes » :-)
Ecrit par : J.F. | mardi, 29 janvier 2008
La notion de passoire est indépendante de la notion de trou.
Ecrit par : ZarZaoui | mardi, 29 janvier 2008
>>>Et une petite pensée pour ceux qui protestent contre ces saloperies et font la greve des soins. Courage!
Ecrit par : william | mardi, 29 janvier 2008
Écrire un commentaire