mercredi, 14 janvier 2009

Saint-Lazare et SNCF : Petit dico de la grève


 

 

 

de58817fa23b05346306749c1a552302.jpgA chaque conflit social ils réapparaissent telle une hirondelle qui ferait le printemps. Les micro-trottoirs, quintessence du journalisme, stade suprême de l'objectivité, délivrent à travers nos jités la parole pleine de bon sens du peuple qui souffre. Rare il y a 20 ans, la technique s'est généralisée aujourd'hui au point de faire office de premier vecteur de la vérité (qui on le rappelle n'est rien d'autre que l'émanation de l'opinion de la majorité). La véracité de l'information étant le principal souci de Jean-Pierre Pernaut, c'est donc dans son 13h que l'on trouve le plus grand nombre de reportages d'investigations employant la méthode scientifique du micro-trottoir.

En période de grève, comme hier à la gare Saint-Lazare, l'étude syntaxique et sémantique du micro-trottoir de JPP (J.P. Pernaut) nous permet de dégager une série de cinq termes et expressions récurrents. Cinq anaphores en réalité. Ce procédé, visant à un effet d'insistance par répétition d'un même mot ou groupe de mots dans chaques phrases prononcées, semble nécessaire à l'éclatement de la vérité. Surtout lorsque les sondages de Sarko sont en baisse. Petit dico de la grève :


sondage2.jpgOTAGE : Ce n'est pas marrant de poireauter sur un quai de gare bondé mais ce n'est pas une raison pour perdre son sens de l'humour. Ainsi le plus grand des classiques, lorsque sévit le micro-trottoir, reste le toujours très efficace "je n'ai pas de transport pour aller au boulot, on nous prend encore en otage". Une blague connue de tous mais qui provoque toujours son petit effet. L'image d'un cheminot qui capture un usager avec un filet ça fait toujours rire. On se demande juste qui est l'otage réel dans l'histoire. Celui qui est terrorisé par son employeur et qui craint d'arriver en retard au turbin où celui qui a peur de ne pas pouvoir travailler plus pour gagner plus ? A moins que ce ne soit Ingrid Bétancourt...



Y'EN A MARRE : C'est le cri de ralliement des éternels mécontents et il est de sortie à chaque conflit social. "Y'en a marre, y a pas de métro, c'est toujours pareil". Notons que le "y'en a marre" est multifonctions. Il peut servir pour la météo avec le célèbre "il pleut, y'en a marre", pour le sport "le PSG a encore perdu, y'en a marre" et même pour la politique "encore ce con à la télé, y'en a marre".



Sarkozy.jpgCES SALAUDS DE PRIVILÉGIÉS : Au quinzième jour de grève les usagers deviennent légèrement tendus. Au bureau, nerveux, ils s'en prennent à leurs collègues. A la maison, fatigués, à leur femme. Et dans la rue, excédés face aux micro-trottoirs, à "ces salauds de privilégiés". A ce stade c'est Bernard Madoff, Jérôme Kerviel et Noël Forgeard, le golden parachuté d'EADS, qui sont rassurés. Le bon sens populaire leur fout un peu la paix pour mieux dénoncer le scandale des 1300 Euros mensuels des cheminots. Il peuvent souffler et partir tranquillement en week-end avec Denis Gautier Sauvagnac, le grand argentier de la caisse noire du Medef.



FASCISTE (ou terroriste) : Cette insulte devient récurrente au trentième jour de blocage. Elle relève de l'inversion des valeurs et des références idéologiques qui est en cours depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, le 6 mai 2007.
Avant, le fasciste raflait les enfants et leur offrait un voyage en train vers l'est de l'Europe. Aujourd'hui, alors que la droite s'est décomplexée de son passé Vichyssois, le fasciste (ou terroriste) est un salarié qui exerce son droit constitutionnel, celui de faire grève, en refusant de faire rouler les trains. De même un manifestant est également fasciste, tout comme les étudiants. Les communistes et la Ligue des Droits de l'Homme sont, eux, carrément des nazis.


bonhomme.jpgLA COMPILATION : Une fois compilées, les suppliques et complaintes du râleur peuvent se traduire en une formule simple et sèche, quintessence du micro-trottoir : "Y'en a marre d'être pris en otage par ces salauds de privilégiés. Terroristes !" Vous l'aurez compris, à ce stade on ne parle plus de rechercher la Vérité, mais d'approcher la Lumière.
Puis Jean-Pierre Pernaut, tel l'oracle, de conclure en dodelinant de la tête dans une moue désapprobatrice "et oui mon bon monsieur, ça embête tout le monde ces histoires de grèves. Nous les premiers en nous empêchant de mettre en avant une information de proximité qui valorise les diversités régionales".


Salauds de privilégiés...

 

 

Cet article du Nordenstar est également relayé par Google News France, le portail de l'information. Jeter un oeil ici

 

Peachy Carnehan
Norden Star, 14 janvier 2009

a7810b51bfb65360fb47fe9f52cc1d8d.jpgDEVENEZ CORRESPONDANT DE

GUERRE AU NORDENSTAR

Commentaires

...les raleurs sont des cons et des collaborateurs...

Écrit par : Madsen | jeudi, 15 janvier 2009

Le traitement de l'info pour cette polèmique était encore à charge contre les salariés de la Sncf avec les médias qui ont insistés sur les plaintes des usagers («usagers» en cas de grève et «clients» les autres jours cqfd!) . Si 200 trains étaient arrêtés c'est parce qu'un conducteur a été tabassé sur la ligne st-Lazare. Et n'oublions pas que c'est la direction de la Sncf qui a fermé la gare. Coupant l 'accès à l'info aux usagers et provoquant leur colere.
La direction de la Sncf tient ses ordres du gouvernement et les communiquants de Sarkozy le savent.
Pourtant aucun média n'a parlé de l'INSECURITE sur les reseaux Sncf et c'etait pourtant LE theme de campagne de Sarkozy.

Écrit par : herve | jeudi, 15 janvier 2009

@ Herve. Si nos gouvernants et leurs complices des banques ne possédaient pas un gésier à la place du coeur...

Écrit par : Jjickel | jeudi, 15 janvier 2009

SVP ne pas regarder TF1 jeudi 29 janvier........

Écrit par : esteb | mercredi, 28 janvier 2009

salaud de privilégiés... mais rien sur les banques, quand elles ont déjà touché 21 milliards d'euros (d'après mme Lagarde) alors que la BNP annonce un résultat bénéficiaire pour 2008 "catastrophique" de... 3 milliards d'euros (le 3ème meilleurs résultat de l'existance de la BNP), que la Société générale n'annonce, elle, que 2 milliards (2ème meilleur résultat...) et que les pauvres patrons de ces boites doivent se priver de leur prime (enfin, peut-être, parce que, finalement, c'est les comités d'actionnaires, en mars, c'est-à-dire quand tous auront oublié leurs promesses, qui décideront et l'état n'aura pas son mot à dire), devant se contenter d'un salaire annuel de 4,5 millions d'euros (soit 400 fois le salaire médian), sur lequel, encore heureux, seuls 1,2 millions seront imposables...

Décidemment, les andouilles ont raison de continuer à se focaliser sur les vrais privilèges que représentent les status des fonctionnaires ! Pendant ce temps, l'état peut continuer à leur faire les poches pour filer le fric aux copains sans qu'ils ne le voient...

Écrit par : joshuadu34 | jeudi, 29 janvier 2009

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