vendredi, 20 février 2009
LE PAQUET ANTI-SOCIAL DE SARKO
TRIBUNE LIBRE
LE PAQUET ANTI-SOCIAL
Sarkozy se pose, encore et toujours, en chantre du libéralisme prôné par Friedman et l'université de Chicago durant les années 50 et 60.
Lire aussi : Bwana Sarko se fout de la Guadeloupe
C'est un sentiment de colère profonde qui m'anime après l'annonce des mesures proposées lors de la grande réunion des guignols de mercredi !
Ces mesures ne sont qu'un tissu de conneries, toutes plus insultantes les unes que les autres ! Quand ce fossoyeur ne propose pas directement de concourir à l'augmentation de la précarisation par des mesures permettant au patronat de se défausser des salaires sur le dos de l'état (paiement du chômage partiel, notamment), les quelques mesures proposées ne peuvent trouver d'équivalence que dans les piécettes jetées à la sortie d'une messe par ces dames charitables qui s'achètent une conscience à bon compte ! Offrir gracieusement 400 euros, en tout et pour tout, à un type dont ce sera, surement pendant plusieurs années vu l'état de l'emploi, le seul et unique revenu, c'est se foutre ouvertement de la gueule du monde ! Sans parler, bien entendu, des bons points distribués aux enfants sages sous forme de bons d'achat pour consommer encore quelques jours avant de crever !
MENSONGE
Et le mensonge se disputait, ce soir sur toutes les chaînes, la primeur avec le mépris ! Supprimer un tiers de la première tranche des impôts, allant de 0 à 330 euros dans son intégralité, n'a jamais fait un cadeau de 400 euros, mais au plus de 110... Le mépris de ce président porte jusqu'à penser que nous ne savons plus compter ! Et bien non, ne vous en déplaise, la réforme de l'éducation n'était pas encore en place lors de mon passage à l'école, et diviser 330 par trois, je sais encore le faire !!!
Quand au refus de partager les bénéfices des entreprises, et au discours de Parisot à la sortie de l'Elysée qui nous annonce que les entreprises françaises redistribuent ces bénéfices, c'est bien au delà du mépris ! Les entreprises ont déjà bien du mal à continuer à nous faire croire qu'elles souffrent de la crise malgré les dizaines de milliards déjà distribués par le gouvernement... Même celles qui pleurent, annonçant un déficit, sont obligées de camoufler les chiffres, comme Peugeot l'a fait, annonçant 300 millions de déficit après en avoir provisionné plus du double, c'est à dire mis de côté, sorti artificiellement de la comptabilité de l'entreprise !
Les syndicats étaient hagards à la sortie ! Comme sonnés par tant de mauvaise foi ! Comment, effectivement, eux, qui ont tant fait pour calmer le mouvement, pour l'étouffer même, vont-ils pouvoir faire passer cette carotte qui s'annonce de compétition, génétiquement modifiée pour atteindre une taille jamais vue avant ?
BOUFFER LES COUILLES
Leur survie est en jeu ! Quelle crédibilité auraient-ils s'ils cautionnaient un tel plan ? Tous sont donc d'ors et déjà d'accord pour maintenir le mouvement du 19 mars... Mais devant le peu d'empressement dont ils ont fait preuve au lendemain du 29 janvier, on ne peut leur faire confiance pour obtenir quoi que ce soit ! Il faudra que ce mouvement soit celui de ceux qui seront dans la rue, et qu'ils se débarrassent de ces modérateurs plus pressés de bouffer une part, si petite soit-elle, du gâteau, que de faire prévaloir la moindre de nos aspirations ! Faute de quoi, nous en serons quitte, dans les mois à venir, à réclamer du pain... Pour ma part, à défaut de pain, je serai adepte de plutôt leur bouffer les couilles, si tant est qu'ils en aient...
Et qu'on ne vienne pas me dire que je n'ai rien compris à la crise ou à l'économie, dans mes propos, comme cela est fait par tous ces tartuffes auto-proclamés économistes parce qu'ils savent encore baisser le pantalon et se pencher bien en avant pour obtenir leur dîme !
Je pourrais faire comme eux et classer la politique du gouvernement dans les petites cases, expliquer le but de la politique d'un Sarkozy, qui est le même que celui de son modèle américain Bush ! Parce que cette politique économique porte un nom, bien connu, même si nos tartuffes refusent de l'utiliser ! Et ce nom, de sinistre mémoire, c'est : « Chicago Boys » !
PINOCHET
Sarkozy, comme d'autres ailleurs (quasiment partout, d'ailleurs), se pose en chantre du libéralisme prôné par Friedman et l'université de Chicago durant les années 50 et 60. Le but de ces « scientifiques » de la catastrophe était d'obtenir une liberté économique TOTALE. Et leur terrain d'expérimentation, ils l'ont eu durant les années 70 en participant au coup d'état de Pinochet au Chili ! « La Brique », le manuel économique chilien mis en application par Pinochet, contenait des passages entiers de l'ouvrage de référence de Friedman et la majorité des économistes dont s'est entouré Pinochet, ainsi qu'une partie de son gouvernement, étaient des élèves de l'université de Chicago (d'où Chicago Boys) ou ils avaient étudié l'économie sous la houlette de Friedman lui-même...
Les règles, appliquées au Chili par Pinochet, sont simple ! Dérèglementation totale concernant les entreprises, baisses des investissements sociaux du gouvernement conséquentes, privatisation totale des secteurs sociaux (l'eau, l'énergie, l'éducation, la santé...), abandon de la régulation sur les prix de vente et abandon des lois encadrant les minima salariaux. Ça rappelle quelque chose, non ? Normal, les même règles misent en place par Pinochet, mais par la violence, sont reprisent en France par Sarkozy, grâce à des détournements d'attention et à des excuses bidon, à des réformes que l'on pourrait croire rapidement ficelées, maintenant simplifiées par la survenance de la « crise »...
Les résultats de la période d'essai chilienne sont probant ! Applaudis, même, par l'économie mondiale ! En effet, sur 14 ans de test, les revenus des dirigeant ont augmentés, en moyenne, de 84 % ! Quand aux entreprises, elle ont fait des bénéfices alors jamais vus ailleurs ! Mais il est intéressant de se concentrer aussi sur les résultats sociaux de cette économie...
COBAYES SOCIAUX
En 14 ans, le chômage, au Chili, a été multiplié par 10 (passant de 3 % à 30 %), le taux d'alphabétisation est passé de 75 % de la population à un peu moins de 96 %, la qualité des soins a vu passer le Chili du 3ème rang mondial d'alors au 27 ème, les rémunérations moyennes ont baissé de plus de moitié, les prix se sont envolés (la nourriture représentait, en 1972, 17 % des dépenses d'un ménage. En 1986, elle représentait 78 % des dépenses et sa qualité avait baissé, les revenus moyens n'ayant même plus les moyens d'acheter du lait). L'état lui-même était au bord de la banqueroute ne devant sa survie qu'à la seule compagnie non encore privatisée, celle des mines, qui apportait 86 % des rentrées d'argent de cet état ! Le Chili tout entier était passé, dans le classement de la qualité de vie, des 15 premiers à la place peu enviable de 117ème (sur 125 référencés...) !
Voilà les résultats de l'expérimentation chilienne ! Une formidable manne économique accompagnée d'une horreur sociale totale ! Et c'est pourtant ce même plan qui est mis en place par notre gouvernement !
Et la réflexion de la triptyque dirigeante (état – patrons – syndicats) ne tourne qu'autour de l'aménagement d'une telle politique économique inacceptable ! A nous de décider, maintenant, si nous sommes prêts à nous transformer en nouveaux cobayes sociaux dont la survie importe peu ou si nous décidons et imposons notre point de vue...
Cet article du Nordenstar est également relayé par Google News France, le portail de l'information. Jeter un oeil ici
Joshuadu34 taz-network.ning.com
Norden Star, 20 février 2009

Commentaires
Dakodak avec l'auteur. J'ajoute juste Bush Greenspan et Madoff à la liste des affreux qui accompagneront Sarkozy dans l'enfer de l'ultra libéralisme. Et qu'ils aillent se faire lecher par les flammes des profits qui crament jusqu'à la fin des tmps !!!!
Ecrit par : Keops | vendredi, 20 février 2009
Bon papier. Bon article de fond. Bien argumenté.
Et qui fait froid dans le dos.
Ecrit par : Asse Green | vendredi, 20 février 2009
On résumera donc l'Oeuvre de Sarkozy par "travailler plus pour gagner moins"...
...et c'est quand la fin du spectacle autoritaire ?
Ecrit par : ferdinand Wax | vendredi, 20 février 2009
la fin du spectacle autoritaire, c'est à nous de la décider... Seulement, certaines réformes sont assez effrayantes pour penser que la réaction ne peut être tiède... Que la tièdeur ne suffira pas !
Durant le début de son mandat, et au nom de la "lutte contre le terrorisme" (ou "contre la pédophilie", "contre la chienlit"...), certaines modifications législatives ont préparées la possibilité d'intervenir violement. Le livre blanc de la défense offre, ainsi, legislativement, la possibilité de faire intervenir l'armée sur le territoire français, d'autres lois permettent le contrôle reppressif des "éléments subversifs"... La définition hyper-large de la sécurité et du "terrorisme", comme on a pu le voir pour Julien Cantat, encore détenu aujourd'hui sans preuve pour le présumé sabotage de lignes SNCF, permet l'enfermement de quiconque ose ne pas penser comme le gouvernement le voudrait (le seul motif encore présenté pour son maintien en détention est le "délit" de faire parti des auteurs d'un livre contesté, même s'il est toujours en vente libre...). Bref, si ces mesures économiques ne sont pas imposées dans la terreur, comme Pinochet, mais aussi d'autres pays du "triangle" sud-américain (Argentine, Bresil ou Perou), l'ont fait, l'arsenal reppressif est prêt pour changer cet état de fait !
Seule une réaction forte, le 19 mars (puisque cette date semble incontournable pour une telle réaction), peut imposer la volonté de changer l'orientation économique... à défaut de changer totalement de type de société...
Ecrit par : joshuadu34 | vendredi, 20 février 2009
Il y en a marre de bosser comme des CHIENS et d'être payé comme des BETES!Dans mon service on nous doit en moyenne 68 heures....... d'heures sup'! Quand je veux prendre mes heures ou me les faire payer on me dit que je suis un pauvre con et d'aller me faire foutre! Travailler plus pour RIEN!
MARRE
Ecrit par : house | vendredi, 20 février 2009
@Joshua:
les étudiants ont déjà commencé cette nuit en prenant la Sorbonne!!
Ecrit par : teddy | vendredi, 20 février 2009
Et suspendre la loi TEPA quelqu'un y a pensé ?
Pour récupérer 13 milliards d'EURO par exemple.
Le bouclier fiscal fait un peu mesquin à cette époque de plan sociaux et pas vraiment utile pour relancer l'économie.
Ce serait un bel exemple de solidarité avec la classe moyenne qui va devoir supporter tout l'impact de la crise.
Ecrit par : j-mick | vendredi, 20 février 2009
@ j-mick
merci de lire jusqu'au bout... j'ai pas l'impression que c'est en réclamant une adaptation aussi minime des saletées qui nous tombent dessus qu'on changera quoi que ce soit... On aura beau mettre des pétales de rose sur la merde, le goût en restera identique...
Ecrit par : joshuadu34 | vendredi, 20 février 2009
@ joshuadu34: "le terroriste" qui fait retarder les trains c'est Julien Coupat.
;-)
Ecrit par : Noemina | samedi, 21 février 2009
OOouuupssss, pardon à lui (ça la fout mal quand tu fais parti du comité de soutien...)
Ecrit par : joshuadu34 | samedi, 21 février 2009
Écrire un commentaire