samedi, 07 novembre 2009
Chute du mur de Berlin : un bien pour un mal
CHUTE DU MUR
UN BIEN POUR LE MAL
"Le libéralisme est aussi dangereux et conduira aux mêmes excès que le communisme". Jacques Chirac, entretien avec Pierre Péan dans "L'Inconnu de l'Élysée" (Fayard).
De l'avis de tous la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, restera comme le symbole d'une des plus grandes victoires de la liberté sur l'oppression et la tyrannie. Selon un raccourci souvent employé, "à cette date les peuples de l'est européen, maintenus en esclavage sous le joug soviétique depuis la fin de la seconde guerre mondiale, basculèrent gaiement dans le monde libre"*. A eux les joies du pluripartisme, de la liberté de la presse et d'expression. Comment ne pas s'émouvoir face à une telle conquête ?
UNE ALTERNATIVE AU CAPITALISME
Mais ce qui fut, à l'époque, une réelle avancée pour la moitié de l'Europe s'est ensuite avéré être une catastrophe globale pour le reste du monde. Le modèle soviétique, proprement assassin, notoirement imparfait et parfaitement liberticide, n'en constituait pas moins une alternative au capitalisme. En conséquence, et tout au long de la guerre froide, l'hypothèse d'une révolution communiste mondiale n'aura jamais cessé de hanter les esprits des gouvernants occidentaux et de leurs amis banquiers et industriels. Souvenons-nous des chars Russes qui devaient défiler sur les Champs-Elysées après l'élection de François Mitterrand... On en tremblait jusqu'à Neuilly-sur-Seine.
Pour étouffer les pulsions les plus primales des peuples de l'ouest (solidarité, fraternité, progrès social) le capitalisme, placé de fait en concurrence, dut donc réfréner ses ardeurs et accepter - horreur ! - de partager une partie du gâteau avec ses serfs. Le communisme d'obédience stalinienne, bien que douteux, avait en effet une fâcheuse tendance à conquérir des parts de marché en séduisant des clients devenus trop mécontents. Telles sont les lois de l'offre et de la demande.
C'est la mort dans l'âme que nos amis les riches durent accepter le principe de l'Etat providence et son cortège de couleuvres à avaler. Sécurité sociale, congés payés, droit du travail, furent pendant cinquante longues années des plats bien indigestes. Salaud de Keynes !
RETOUR AU XIXe SIECLE
Et puis, un soir de novembre 1989, le mur est tombé. Soudainement, et presque sans crier gare, l'entreprise soviétique déposait le bilan et offrait de fait une position de monopole à la Pognon & Brothers Cie. A l'ouest les tenants de la bourse pouvaient enfin s'éclater. La révolution néolibérale, qui procède du pire capitalisme du XIXe siècle, celui de Zola, allait se déchaîner comme au bon vieux temps de Charles Dickens.
La fin de l'état social était actée, les services publics condamnés, le droit du travail substitué à celui du droit privé ordinaire (droit inégalitaire), les logiques marchandes dans tous les secteurs généralisées, les acquis sociaux liquidés et surtout, les milliards générés par le travail et l'économie réelle engloutis sur les places financières au profit d'un nombre infinitésimal de nantis ultra-riches. Jusqu'à l'absurde d'un Madoff ou d'un Kerviel, jusqu'à l'obscène d'un Bush ou d'un Sarkozy, jusqu'à la crise de 2008, jusqu'à l'effondrement récent et lamentable du capitalisme et de ses crapules.
ABATTRE L'AUTRE BÊTE
Les vingt ans de la chute du mur de Berlin, aussi réjouissantes soient-elles, célèbreront également nos deux décennies de recul social, d'explosions des inégalités, de crise écologique, de montée des extrémismes. Et puisque le communisme soviétique est mort reste maintenant à abattre définitivement l'autre mur, celui qui empuantit l'humanité, les peuples, leurs cultures, l'Afrique, l'écosystème, l'autre bête immonde : ce capitalisme dévastateur. "Le libéralisme est aussi dangereux et conduira aux mêmes excès que le communisme".
Rendez-vous dans 20 ans.
* La Pologne et les autres pays satellites de l'URSS avaient entamé leur "révolution" depuis des mois, voire des années.
Commentaires
Une interprétation pas assez entendue. Mais on comprend pourquoi.
Écrit par : Asse Green | samedi, 07 novembre 2009
bha faut pas rêver! ces enculés enverront les chars si on touche à leur capitalisme! ils feront comme les cocos ont fait à prague et à budapest!
Écrit par : gweg | samedi, 07 novembre 2009
AVEC SARKOZY AUX MANETTES C EST PAS GAGNE
Écrit par : DAN | dimanche, 08 novembre 2009
Bien vu l'artiste. En devenant un outil financier de plus en plus sophistiqué, en se délestant de sa dimension sociale, en laissant l’argent-roi assurer une suprématie totale sur les sociétés civiles, en biologisant les esprits et les comportements avec des technologies attrape-tout et réductrices de civilisation, le capitalisme s’est retrouvé contre le monde... Et il en périra.
Écrit par : cdurable | dimanche, 08 novembre 2009
Le murmure est assourdissant, car un mur tombe, d'autres se renforcent...
Que dire des murs Sahelien, Pakistanais, sud-américains encore en place ? Mais que dire surtout de l'enfermement et de l'asservissement de la population Palestinienne avec le soutien actif des USA ? Que dire aussi de cet autre mur construit à la frontière Mexicaine pour éviter que la misère entretenue par les entreprises US ne déborde pas sur les USA ? Ce bon humaniste qu'est Barak, qui intervient pour se féliciter de la chute du mur de Berlin n'est pas très gêné quand il s'agit de son propre mur et quand il s'agit de favoriser les entreprises qui exploitent sans aucune morale les mexicains...
Écrit par : joshuadu34 | mardi, 10 novembre 2009
tout est dit ! Le BTP a encore de beaux jours devant lui
Écrit par : monzoeil | jeudi, 12 novembre 2009
On va les niquer ces ordures de riches et de vieux cons. Le jour de l'alternance ils vont en chier comme jamais ces ordures qui ont voté Sarkozy
Putain ils vont chialer!
Écrit par : Madsen | dimanche, 15 novembre 2009
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